Le jeune œnologue bordelais se dévoile : ses coups de cœur, ses coups de gueule, ses trouvailles, ses réflexions à chaud sur l'actualité de la filière ou sur l'actualité en général…aucun sujet n'est tabou !
Une véritable interface avec le grand public, un trait d'union parfois même humoristique qui permet non seulement d'informer ceux qui le lisent, mais qui me permet de rebondir et d'entretenir mon activité souvent bouillonnante.
Destinés à tous les professionnels et amateurs, le blog a déjà fait couler beaucoup d'encre…
N'hésitez plus à partager vos idées !

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raslabouteille

dimanche 07 mars 2010

nez et goût au repos

Tous les ans j'essaye de m'octroyer quelques jours à la montagne pour reposer tous les organes nécessaires à mon travail et j'y trouve un apaisement remarquable. La montagne, surtout en hiver n'est pas polluée par des odeurs parasites comme les gaz d'automobiles ou de chauffage par exemple.La pureté du manteau blanc est bon pour les yeux , les oreilles car tout est feutré et pour tout le réseau bouche nez qui sont liés comme des frères ou des soeurs siamoises. Et comme le vin n'est vraiment pas à la fête en altitude, je me mets au repos de toute considération professionnelle et mes organes se rechargent pour la suite de l'année .

Je ne sais pas si cela est indispensable pour tout autre , mais pour moi, cela l'est, car cet exercice quotidien demande une telle concentration qu'il faut bien mettre en veille de temps en temps synapses , neurotransmetteurs et plus si affinité pour rester performant. L'expérience vient en dégustant encore et encore mais il est bon de s'arrêter un peu . Je ne sais pas si des thèses existent sur la complexité de la dégustation mais je vais devoir me renseigner pour en savoir plus.

Nous avons finalisé avec Gilles Pauquet le lieu pour la dégustation primeurs du 30 ,31 mars et 1er avril à St Emilion , elle se déroulera au château L'Etampe de 10h à 18h avec un lunch de 12 h à 15h. Inscription à l'adresse suivante:ma.legrixdelasalle@agencehemispheresud.com

Plus de trente châteaux ont répondu présent et je trouve cela bien. Je me pose depuis longtemps la question de l'opportunité de ce genre de dégustation mais nous avons le devoir d'accompagner et de faire découvrir le travail de nos clients dans cette période difficile , alors c'est vrai c'est une organisation importante qui demande beaucoup d'énergie mais, dans ces moments compliqués pour notre filière, je peux aider un client à vendre son vin je le fais sans aucune hésitation et avec plaisir.Cela fait partie intégrante de mon travail.

J'éspère que cela se passera bien et que les retours seront positifs!

mercredi 24 février 2010

préparation des primeurs et confirmation

C'est vrai que le marché du vin ne devrait pas être spéculatif et l'exemple de toutes ces caisses non vendues sur le marché américain devrait servir de leçon à toute la filière. Ce marché de non-consommation est préjudiciable pour l'image des châteaux et également pour la distribution. Les enseignes nationales ont des stocks importants de crus classés et assimilés qu'ils ont achetés sans raison et sans discernement. Les américains ne sont donc pas les seuls à faire ce genre d'erreur et cela n'est pas rassurant. Il faudra bien que le monde entier comprenne que le vin est fait pour être consommé et que l'irruption de financiers souhaitant réaliser des profits en propriété ou en négoce rapidement n'est pas en adéquation avec notre métier, sauf pour 20 ou 30 châteaux prestigieux. Alors que faire? Malheureusement , rien du tout car la nervosité et l'engouement pour le millésime 2009 de la part du monde entier ne laisse rien augurer de bon . A moins que les acheteurs aient tiré la leçon , mais le milieu financier et bancaire ne l'a pas fait l'année dernière , alors pour notre filière, nous verrons bien. Vinisud a attiré beaucoup de visiteurs et c'est tant mieux car tous ces vins méritent du succés et une commercialisation plus digne de leur qualité.

En aparté, quelques magazines prennent de l'avance et préparent la sortie du nouveau millésime avec une attention plus que particulière. Je vous le dis, ce millésime laissera des traces irréversibles dans notre filière pour de bonnes raisons mais également pour de mauvaises. A moins que le monde soit raisonnable?

jeudi 18 février 2010

qui croire?

Ce mois de février est toujours l'occasion de déguster les deux derniers millésimes qui se croisent , l'un en début d'élevage et l'autre que nous préparons pour les mises en bouteille. Déguster les 2008 et les 2009 est vraiment un régal.C'est rare d'avoir deux millésimes aussi intéressants qui se suivent. Et cela me laisse d'autant plus perplexe. Comme me l'a dit un négociant important de la place de Bordeaux , jamais la qualité des vins en général n'a été aussi bonne et jamais la vente n'a été aussi dure. Cette semaine , j'ai eu des réunions avec un de mes banquiers et également mon comptable.Les deux ne sont pas d'accord sur la situation actuelle du vignoble. Le banquier pense que le pire est derrière nous, alors que le comptable prédit la pire année de la viticulture en Bordelais. Alors ,bien sûr , les primeurs 2009 vont certainement se vendre si la propriété reste raisonnable, mais le reste ? Les stocks sont faramineux partout dans la filière , du château au distributeur . Tous mes clients possédant des vignes plantées en Bordeaux ne trouvent pas de marché pour leurs vins ou à des prix indécents . L'arrachage parait inéductable dans cette appellation car elle cristallise à elle seule les problèmes mais bon nombre ne veulent pas l'envisager sous pretexte que le marché chinois va exploser et va tout acheter.La situation est bien plus compliquée et cette année risque d'être décisive pour l'avenir de beaucoup en appellation Bordeaux.La mutation du vignoble doit s'opérer d'une manière ou d'une autre et nous ne pouvons plus reculer.On ne peut que regretter cela mais le sauvetage de la filière passe par le sacrifice de certains. Alors le pire est à venir ou est derrière nous?

samedi 13 février 2010

Semaine qui finit bien !

Ca y est, nous avons décidé avec Gilles Pauquet d'organiser une dégustation pendant la période des primeurs à Saint Emilion . Nous avons tout à faire, c'est lourd mais je suis content car plus d'une trentaine de clients sont partants et cela va permettre à bon nombre de professionnels et de journalistes de découvrir les vins que nous conseillons. Cette semaine fut bien remplie, un voyage éclair à Paris avec de la neige, et tout ce que cela induit avec donc un retard conséquent des vols , c'est à n'y rien comprendre que si peu de neige puisse engendrer des retards aussi importants! Une journée au labo à Margaux avec un déjeuner très agréable au Café Lavinal . L'accueil y est charmant et la rénovation de ce village par Mr Cazes est magnifique.C'est un petit coin de paradis en plein médoc avec une clientèle internationale joyeuse et souriante . Le lieu y est pour beaucoup.

Cette semaine fatiguante s'est terminée par l'émotion d'un homme qui m'a beaucoup touchée. Hier midi, j'étais invité à déjeuner au château La Couspaude à Saint Emilion pour célébrer l'anniversaire d'une entreprise du Libournais très connue pour son professionnalisme et sa gentillesse. Lors de son discours , il a essuyé quelques larmes et l'émotion était palpable. La France a besoin de personnalités comme Jean-michel Cazes ou Francis Mamont qui avec leur PME font non seulement travailler des gens mais également poursuivent un projet social.Nos hommes politiques devraient rencontrer ces gens là car ils ont beaucoup à apporter à notre société.

mercredi 03 février 2010

ouverture

Avec mon associé Gilles Pauquet , nous avons décidé d'ouvrir une unité de conseils et d'analyses à Margaux dans le médoc car nous pensons qu'il y a une approche de travail à développer dans ce secteur géographique . Nous verrons bien , c'est une nouvelle aventure pour l'entreprise et pour nos collaborateurs et c'est terriblement excitant.

Cette semaine , j'ai eu beaucoup de réunions avec des clients potentiels et des nouveaux investisseurs qui m'ont accordé leur confiance et les échanges toujours intéressants s'orientent souvent vers l'apport de mes compétences et du conseil en général.Et par rapport à tous les excès pratiqués dans les deux dernières décennies, la raison l'emporte sur la passion et la logique économique l'emporte sur la volonté de produire le meilleur à n'importe quel prix. Et c'est tant mieux.

Nous sommes aussi en train de regrouper une partie de nos clients pour leur permettre de présenter leurs vins en primeurs mais également les vins disponibles à la vente dans un château de Saint Emilion les 30,31 mars et 1er avril . D'autres consultants le font et cela sera pour nous l'occasion de faire découvrir beaucoup de vins et de montrer aux acteurs de la filière l'étendue de notre clientèle

jeudi 28 janvier 2010

la dégustation me laisse toujours songeur!!!

Tous les ans, le syndicat de Saint Emilion organise une formation à la dégustation pour les professionnels susceptibles d'être convoqués pour juger les vins auprès de Quali-Bordeaux pour l'agrément de mise en marché. Cette formation est organisée sur trois fois deux heures avec des tests triangulaires , des composés à sentir et des dégustations de vins des différentes appellations du collège des vins de Saint Emilion. C'est très intéressant ,surtout quand vous vous servez de cette dégustation pour constater l'état d'esprit des dégustateurs. Et là , c'est assez drôle , enfin façon de parler ! Le moindre vin qui présente à la dégustation un nez pas net , fermé est aussitôt critiqué et qualifié de phénolé. Cela m'effare et me fait vraiment douter d'un certain discernement humain. Cela tourne à l'obsession et bon nombre de vins sont mis au pilori alors qu'ils n'ont pas ce défaut. Chaque décennie a son syndrome et la généralisation de ce défaut supposé est nuisible pour le bon fonctionnement des mises en marchés.D'autant plus qu'une thèse est en train de démontrer que la présence d'amines biogènes par exemple ou d'autres substances influence beaucoup le rendu de ce défaut dans le vin et en modifient la perception . Encore une fois, il faut rester humble devant cet exercice et je vous prie de croire que nous ne sommes pas au bout de nos peines pour les décisions concernant les mises en marché des vins dans le Bordelais.Ca fait froid dans le dos !

vendredi 22 janvier 2010

Bof !!!

Depuis le début de la semaine , les assemblages du millésime 2008 se succédent et les échos du marché m'inquiétent.Beaucoup de clients trouvent le début d'année plutôt calme et les réservations de leurs acheteurs sont encore en baisse par rapport à la même période de l'année dernière et le 2007 pas encore vendu ne s'arrache pas , c'est le moins que l'on puisse dire! Les cours du bordeaux 2009 sont à un prix indécent et les volumes traités sont infimes.

Le négoce est fautif, et le plus bel exemple est la santé du Bergeracois où les vins se vendent bien et même plus chers que les Bordeaux.Pourquoi? Tout simplement parce que le négoce est inexistant et que les châteaux sont obligés de se débrouiller seuls.

Heureusement , le 2009 va permettre au négoce de la place de croire encore à sa grandeur , mais force est de constater que tout cela devient artificiel . A-t-on besoin de vendeurs pour vendre un tableau de Van Gogh ou une Ferrari? Pas vraiment car la volonté de l'acheteur est telle que l'affaire se fait toute seule. La situation n'a jamais été aussi complexe : des vins de qualité avec des efforts constants de la part des producteurs et un message unique en retour du négoce, le prix. C'est décourageant pour beaucoup et je partage ce sentiment.

mercredi 13 janvier 2010

problème de personnel

Tout d'abord , comme je le pense , le nom de mon blog peut être entendu à double sens, avec l'aspect positif et l'aspect carrément virulent. L'approche et la passion que je mets dans mon métier m'oblige à laisser la virulence de côté au profit du Ras la bouteille intelligent,si je peux. Depuis le début de l'année, je suis abasourdi par les difficultés du monde viticole à trouver des salariés voulant travailler dans le vignoble. C'est un cauchemar car soit les personnes ne se présentent pas aux entretiens , soit elles travaillent une demi-journée et ne reviennent pas!C'est un vrai problème et cette pénurie peut s'expliquer par les salaires bas , les conditions de travail et par la désertification de nos belles campagnes.Mais de l'autre côté , le taux de chômage est au plus haut. C'est un métier dur mais néanmoins agréable par le contact avec la nature et l'esprit d'équipe qui règne dans les propriétés. Aucune campagne de communication n'est faite pour présenter les différents métiers et c'est un tort. Hier soir , j'ai regardé un reportage sur l'ancienne usine Continental fabricant des pneus , fermée depuis et le travail m'a paru beaucoup plus pénible. Alors , la France du travail ignore le monde paysan et la terre .C'est bien possible car ce dénigrement de nos professions agricoles ne date pas d'hier et s'est amorcé dans les années 1980 avec l'arrivée d'une certaine pensée très intellectuelle poussant aux études et au refus du travail manuel. Pour ce qui est des bonnes nouvelles , le marché chinois est très actif et soutient les exportations, qui sont calamiteuses dans les autres pays. Mais est ce un leurre ou un marché qui va s'installer ? En tout cas , les prix sont vraiment bas : du bordeaux rouge 2009 à 1.1 € h.t. la bouteille.C'est pour vous dire !!!

Une étude universitaire de la faculté d'Angers démontre à nouveau les bienfaits d'une consommation mesurée de vin , cela a fait le tour des médias et le buzz est intéressant. A voir!

Parmi les bonnes surprises de mes dégustations : Château Saint Pierre 2002 , château Nénin 1997(étonnant d'élégance et de fraicheur) Parmi les mauvaises: Un vin espagnol en appelation Toro: Paciencia ,propriété de B Magrez . C'est techniquement irréprochable , mais il y a trop de tout et cela nuit pour mon goût à l'équilibre qui me semblait pourtant si proche.

mercredi 06 janvier 2010

mauvais titre?

Le nom de mon blog est-il péjoratif ? Cette question se pose car le ton adopté n'a plus rien à voir avec celui du début et il va falloir que je songe à changer le nom : je suis ouvert à toute proposition car j'avoue que je sèche un peu!! Il neige sur la Gironde aujourd'hui et hormis la beauté du paysage , la pagaille est grande. Tous mes rendez-vous sont annulés et les routes sont très glissantes et bien sûr pas du tout nettoyées . C'est inadmissible et cela m'énerve, mais comme la gestion d'une certaine forme de grippe, il n'y a rien à faire. Pourquoi 5 cm de neige paralysent une région et donc du travail ? Je reçois et j'envoie beaucoup de voeux éléctroniques, internet a vraiment révolutionné notre communication et c'est fort dommage que le vin et ses différents métiers ne se soient pas mieux adaptés au net .

mardi 29 décembre 2009

Fin d'une drôle d'année

Cette année aura été compliquée: grêle , commerce vacillant , taux de change peu favorable aux exportations, clients avec une légère tendance à allonger les délais de réglement. Que du bonheur ! Et pourtant , nous avons vinifié certainement un des plus grands millésimes de tous les temps, la Chine a vraiment l'air de vouloir acheter de manière durable du vin, les investisseurs reviennent pour acquérir des vignobles. Tout n'est pas morose et le début de l'année 2010 va nous permettre avec mon associé de diversifier notre activité.Je crois en l'avenir et la passion que je mets dans mon travail au quotidien m'y fais croire.

Je vous souhaite à toutes et à tous , ainsi qu'a vos proches une belle et bonne année 2010!!!Et encore merci de me lire et de vous intéresser à mon humble blog!!!

mercredi 23 décembre 2009

parfois!!

L'année 2009 se termine avec un grand millésime en poche et une filière touchée par la crise. Le millésime 2007 , que le négoce ne veut pas acheter, engendre des problèmes de trésorerie pour les châteaux et les bilans ne sont pas très favorables. Mais la vente des 2008 et des 2009 va permettre de retrouver une certaine sérénité l'année prochaine. Par rapport à mon billet sur le comportement du négoce vis-à-vis de la propriété , j'ai une anecdote assez croustillante.

Un négociant qui connait le travail que je fais sur les vins m'a contacté car il cherchait des lots de Bordeaux ou Bordeaux Supérieur pour exporter en Chine.Je le mets en contact avec des clients qui ont des lots à vendre. IL fait le tour de ces fournisseurs potentiels et me raconte que l'un d'entre eux l'a reçu en lui faisant goûter les lots à la cuve avec un vin à une température de 1°. Evidemment , les vins se sont mal dégustés et le négociant ne l'a pas retenu!

C'est vrai que les négociants ne font toujours leur travail mais du côté des châteaux, ce n'est pas mieux . Il y a des moments où l'on peut se demander s'ils veulent vendre du vin et développer leurs affaires.No comment !!

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël 2009!!!!

vendredi 18 décembre 2009

débat !

La question du rôle du négoce fait vraiment débat et c'est tout à fait normal. Cette belle profession ne remplit pas son rôle comme l'explique clairement vincent Levieux qui connait bien le problème comme beaucoup d'autres propriétaires qui font de très bons vins dans des appellations qui ne se vendent pas toutes seules. C'est sûr qu'il est plus facile de vendre un troisième vin d'une prestigieuse appellation du Médoc qu'un bon vin de Fronsac ou des Côtes de Bourg. C'est triste mais cela fait des lustres que cela est comme cela.

C'est comme l'éternel débat sur l'approche bio des vins. Un de mes confrères conseil communique en ce moment sur une charte bio et une oenologie bio. Je veux bien mais je ne comprends pas l'approche. Je vais vous donner un exemple qui va vous perturber et qui laisse ouvert le débat. Dans la vie du vin la transformation malolactique est la deuxième étape dans la vie des vins rouges et de certains vins blancs et elle suit la fermentation alcoolique . La transformation de l'acide malique en acide lactique amène une acidité plus basse dans les vins avec une perte de vivacité et une stabilité chimique accrue. Cette transformation nécessite une température autour de 20° et peut prendre de quelques jours à plusieurs semaines suivant les cuviers et la qualité des vins.

Plus le temps de latence est important entre la fin de la fermentation alcoolique et le début de la transformation malolactique et plus le risque de contaminations et de production de dérivés peu qualitatifs est important.Sans compter l'énergie dépensée pour chauffer les cuves , le gasoil et le CO2 dégagé par les véhicules qui doivent aller au labo amener les échantillons pour contrôle toutes les semaines. Il existe dans le commerce depuis quelques années des préparations de levains bactériens qui marchent et qui évitent tous ces problèmes. Le seul hic ! Ces préparations ne sont pas bio.

Alors que faut -il faire? Vous voyez, rien n'est simple !!! Le débat est ouvert!!

vendredi 11 décembre 2009

Inexplicable?

Traditionnellement , la plupart de mes clients partent vendre leur vin dès la fin des écoulages et rentrent début décembre. C'est à cette période que je goûte les différents lots pour déterminer le type d'élevage à chaque lot : cuve, douelles, barriques.

Ces dégustations sont longues et c'est l'occasion de parler de tout et je suis très bousculé par les propos qu'ils m'ont tous rapportés et qui me laisse sans voix , les foires et les visites à l'étranger, notamment en Asie se sont très bien passées et les ventes enregistrées dépassent allégrement celles de l'année derniere.

Alors , comment peux-t -on analyser cela?

Le négoce peine à acheter des lots en propriété et les prix sont dramatiquement bas , cette tendance se confirme , et de l'autre côté , les châteaux qui vont à la rencontre d'acheteurs potentiels enregistrent de belles commandes . Je n'ai pas d'explications à cela, j'ai seulement quelques idées: le client est devenu un amateur et souhaite de plus en plus mettre un visage et échanger avec le vigneron et c'est au détriment des autres moyens de distribution et spécialement de la grande distribution qui n'a pas vu ce virage arriver. Après le négoce ne fait pas forcément son travail , surtout sur les vins peu connus et de moyenne gamme

Mais bon, j'attends vos commentaires si vous avez d'autres pistes!!!

vendredi 04 décembre 2009

Le déjeuner d'affaires

Cette typicité française est très pratique , elle facilite la vie professionnelle car les relations autour d'une table sont toujours plus conviviales et moins guindées que dans un bureau. La fin d'année est propice à ce genre d'exercice : fournisseurs , clients et les échanges vont bon train et la conclusion est que cette année fût terrible pour les entreprises de la filière. Les trésoreries sont au plus bas , les banques sont difficiles à convaincre pour de nouveaux investissements mais malgré tout cela , tous mes interlocuteurs sont confiants en l'avenir. C'est un sacré paradoxe ! Au cours de tous ces déjeuners , je me rends compte que la baisse de la TVA n'a pas du tout été répercutée par les restaurateurs et les prix sont toujours aussi éffarants pour les vins. La profession ne semble pas vraiment jouer le jeu par rapport à l'attente de l'état et du consommateur. Tant pis pour eux . Il faut par contre faire attention à la nourriture et ne pas boire plus que de raison car la crainte de dépendance à l'alcool me fait souvent peur. Pour la nourriture , le sport est la solution idéale !! Mais le combat est permanent entre plaisir et retenue , et ce n'est pas évident.

jeudi 26 novembre 2009

interviews

Depuis une semaine , j'enchaine les reportages écrits radios et tv à propos du travail accompli pour les propriétés chinoises à Bordeaux et également pour découvrir mon travail et les châteaux que je conseille. Hier j'ai pu faire découvrir au château La Serre et ensuite au cours d'un déjeuner très convivial au Logis de la Cadenne à Saint Emilion une partie des propriétés conseillées. Tout s'est bien passé , le melting pot était surprenant : deux journalistes japonais, un couple de journalistes hollandais et une journaliste canadienne charmante .Avec la présence d'un traducteur et d'un guide,cela faisait une belle tablée.Répondre à des journalistes et à leurs questions me plait vraiment, car je peux expliquer mon métier et la passion que j'y mets.

J'ai eu malheureusement encore à affronter des problèmes de goût de bouchon sur deux vins et ça m'énerve car tout le travail effectué pendant les deux années avant la mise se trouve annulé par ce problème. Les journalistes avaient l'air content de la dégustation mais je n'ose jamais vraiment leur demander de but en blanc leur avis car je ne veux jamais les brusquer .Ai-je raison? Je ne sais pas !

Ensuite ce matin , j'ai eu droit à la présentation d'un logiciel de suivi vigne et chai de tout premier ordre : Process2wine . Pour tous ceux qui cherchent un logiciel convivial , fiable et pratique, la solution est là car la tracabilité est obligatoire(je le rappelle). Le rapport prix/qualité est également excellent .