Agacé par le parti pris buté des professionnels de la filière viticole, crispé par le conventionnel des opinions d’experts, irrité par la flambée des prix du bordelais qui ne profitent qu’aux grands crus et éloignent les consommateurs, j’ai décidé de donner mon avis. En direct, sans filtres, sans langue de bois ni ronds de jambes. De pousser mes coups de gueule en paix ! Le vin, ça sert d’abord à se faire plaisir : foin des dégustations compliquées et des dégustateurs avertis, le vin doit être accessible à tous, sans rites initiatiques ni verbiages techniques. Il doit être immédiatement perçu comme agréable au goût. Bien sûr nous, oenologues, avons étudié, et continuons à apprendre chaque jour. Bien sûr, la technique évolue sans cesse pour assurer aux vignerons la meilleure traduction de leur terroir et de leur travail, et aux consommateurs des bouteilles de qualité. Mais c’est notre « cuisine interne » : la technologie doit se mettre au service de la simplicité. Seul le résultat final compte, quand la bouteille est débouchée, et le vin dans le verre. Alors, il vous donne du bonheur ou pas, ce vin que nous avons mis des années à faire ? C’est tout ce qui compte : votre plaisir !