Le jeune œnologue bordelais se dévoile : ses coups de cœur, ses coups de gueule, ses trouvailles, ses réflexions à chaud sur l'actualité de la filière ou sur l'actualité en général…aucun sujet n'est tabou !
Une véritable interface avec le grand public, un trait d'union parfois même humoristique qui permet non seulement d'informer ceux qui le lisent, mais qui me permet de rebondir et d'entretenir mon activité souvent bouillonnante.
Destinés à tous les professionnels et amateurs, le blog a déjà fait couler beaucoup d'encre…
N'hésitez plus à partager vos idées !

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raslabouteille

mardi 13 juin 2006

Les oenologue? Pff, juste des chimistes!

Petite mise au point. Tout le monde - ou presque - peut cultiver la vigne, mais la vinification demande un grand savoir-faire et … un peu de magie! À la fois biologiste, analyste et technicien de haut vol, l’oenologue dirige tous les stades de la vinification. Objectif : améliorer le vin et l'adapter à la demande. L'oenologue supervise toutes les étapes du processus d'élaboration au quotidien : à lui de contrôler l'évolution de la fermentation, de prescrire les traitements nécessaires (arrêt de la fermentation, ajout de levures...), de décider de la conservation, de l'élevage et de la mise en bouteilles. Pour évaluer la qualité du vin et en corriger, si nécessaire, les défauts, il effectue des analyses (physiques, chimiques et microbiologiques). Parce que goûts et arômes sont affaires de bactéries, champignons et levures. Et qu'un peu de "technique" corrige l’acidité, révèle le terroir ou « arrondit » le goût final. Mais la technique, ça n'est pas de la poudre de perlimpimpin ajoutée en cachette dans le vin. Les analyses fines et l'évolution des connaissances de la biochimie de la transformation du jus de raisin en vin nous ont permis de mettre au point de nouvelles pratiques. Contrôle des températures, micro-oxygénation des moûts, sont des aides naturelles à un processus naturel. Désolé pour nos détracteurs, nous n'avons rien de sorciers, nos outils de travail, ce sont nos mains et notre palais, avec un peu de connaissances biologiques en plus!

Lundi 12 juin 2006 : On boit quoi cet été ?

Le mois de juin est traditionnellement celui des fêtes de familles, communions ou baptêmes, et puis viennent les vacances, en famille ou entre amis, autant d’occasions de faire de grandes tablées conviviales. Oui, mais on y boit quoi ? Dommage de sortir de leur écrin les grandes bouteilles qui mûrissent lentement. On ne va pas non plus servir du tout venant. Alors ? Alors je vous ai déniché deux « trouvailles » !

 * DAYLISS 2005 Château Roc de Calon- AOC Montagne Saint- Emilion - 5.20€ TTC la bouteille : un vin fruité, souple, vinifié avec de nouvelles techniques. Un goût simple, agréable, un vin qui se boit avec gourmandise, et modération bien sûr ! Le nouveau style, pour un prix plus qu’abordable! Et, c’est moi qui l’ai fait !

Contact : Bernard LAYDIS TEL 0557746399 FAX 0557745147

 * Château Tournefeuille 2004 - AOC Lalande de Pomerol - 20€ TTC la bouteille : un grand vin magnifique digne des plus grands pomerols, mais deux fois moins cher !!! Une bouteille qui flattera les grillades les plus simples comme les plats les plus sophistiqués. Et ce n’est pas moi qui l’ai fait !

Contact : TEL 05 57 51 18 61 FAX 05 57 51 00 04

mercredi 07 juin 2006

L’année du siècle !

Ça y est, le siècle n’a pas encore atteint l’âge de raison qu’on tient déjà le millésime d’exception ! Les primeurs s’arrachent, les prix repartent à la hausse et même Parker, « the big boss », s’accorde pour en vanter les mérites. Bien sûr, je ne vais pas cracher dans la soupe : 2005 a été un rêve d’œnologue : conditions climatiques idéales, vendanges parfaites, superbe qualité de raisin, un vrai cas d’école. Rater ce millésime tenait de la prouesse ! N’empêche, les dégustations de primeurs me laissent toujours un peu mal à l’aise : c’est comme auditionner des jeunes pianistes de maternelle et décider lesquels seront virtuoses à l’âge adulte… Certaines qualités de départ sont nécessaires… mais que de choses peuvent de passer en 15 ou 20 ans ! Et juger d’un millésime en primeurs, c’est faire peu de cas de tout le travail de l’élevage et de l’assemblage qui relèvent pourtant du grand art. Et une fois mis en bouteille, comment va-t-il vieillir, ce vin ? Est-on sûr que d’autres années - parce que moins faciles- ne seront pas travaillées avec plus de rigueur, pour donner au final des nectars supérieurs ? Je fais ce métier depuis 20 ans, et les viticulteurs seront d’accord avec moi pour dire que c’est une école d’humilité. Tout est sans cesse à refaire. A réapprendre.