Le jeune œnologue bordelais se dévoile : ses coups de cœur, ses coups de gueule, ses trouvailles, ses réflexions à chaud sur l'actualité de la filière ou sur l'actualité en général…aucun sujet n'est tabou !
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raslabouteille

mercredi 26 juillet 2006

Les copeaux : escroquerie, mode ou vrai outil oenologique ?

Les copeaux sont utilises depuis plus de vingt ans dans la plupart des pays de l’hémisphère sud avec ordre et méthode. Ils sont pour le vinificateur un outil supplémentaire pour adapter les vins au goût du consommateur. J’entends depuis des mois des voix s’élever contre cette pratique oenologique dans les appellations d’origine contrôlées en France, au prétexte du respect du goût et du terroir. L’usage des copeaux seraient une escroquerie qui fausserait le « vrai » goût du vin, maquillant les « mauvais » pour les rendre vendables.

Mais au bout d’un moment il faut bien que quelqu’un explique à ces détracteurs que l’utilisation des copeaux serait plus bénéfique pour leur vin que l’utilisation de barriques de chêne, souvent hors d’age, mal entretenues, et qui donnent au vin plus de défauts que de qualité ! On nous dit très souvent « mon vin est bon car il a fait de la barrique », attention, moi je veux la voir la barrique ! Je préfère mille fois des copeaux, même si sur l’étiquette ça fait moins « chic », qui apportent du gras, de la sucrosité et participent a la complexité aromatique du produit qu’une barrique piquée qui va à coup sûr transmettre des bactéries porteuses d’arômes parasites !

Attention, je ne suis pas un « tout copeaux », comme certains sont « tout barrique ». Dans les appellations prestigieuses de France, il faut continuer à élever les vins en barriques, les vins le supportent et s’en bonifient. La tonnellerie est un art noble qui doit perdurer. Choisir ses bois sur pied dans les futaies de chêne, les faire sécher pendant deux à trois ans, et lentement, par l’eau et le feu, les façonner en barriques, quelle magie ! Mais n’oublions pas que la barrique a été conçue non pas pour bonifier le vin mais pour le transporter au moyen des « gabarres » sur les rivières et cours d’eau. C’est à l’issue de longs trajets en barriques que les vinificateurs ont compris leur intérêt pour l’élevage des vins.

Aujourd’hui, il faut se battre, et de préférence à armes égales avec les pays du Nouveau Monde. Regagnons des parts de marché au Royaume Uni, en Allemagne etc. les copeaux peuvent nous y aider. Au-delà du débat pour ou contre les copeaux, dans lequel je crois avoir clairement exposé ma position, il faut noter quand même notre spécificité française : alors que l’Europe a donné son feu vert, et que nous sommes à deux mois des vendanges, notre ministre de l’agriculture, lui, n’a toujours pas tranché !

Et si on laissait la loi du marché décider ? Si on laissait les femmes et les hommes de progrès avancer et agir ? On pourrait Instaurer une règle simple : pas de copeaux dans les appellations grand cru et pour les autre laisser faire les oenologues compétents ! Leur expérience et leur connaissance des vins français mais aussi étrangers leur permettra de juger de la nécessité ou pas des copeaux. Un peu d’air, un peu de liberté que diable !

lundi 17 juillet 2006

FORZA ITALIA !

''Le triomphe Italien au Mondial laisse espérer un doublé dans l’éternelle bataille entre les vins italiens et les vins français : aujourd’hui nous sommes champion du monde (de foot), demain nous serons champions du monde (du vin). En foot comme en vin la France fait souffrir mais finit par succomber à la volonté et la détermination italienne. On peut considérer que dans les deux domaines, la France est encore un modèle, mais que l’Italie a une volonté plus forte de s’affirmer.'' In Winenews.it, le 10 juillet 2006

Vous vous en doutez, je ne suis pas du tout d’accord avec cette analyse. Sans être un spécialiste de football, j’ai quand même l’impression que, si l’Italie a très bien joué, elle a quand même «pourri » le match avec des coups bas et des chutes dignes de la commedia dell’arte. Dans le domaine du vin, qui m’est beaucoup plus familier, l’attitude est la même : rotomontades et marketing, mais sur le fond, la qualité, la virtuosité, surtout sur les « petits vins » de moins de 10€, est française.

Mais l’auteur de l’article n’a pas tort en annonçant une victoire prochaine de l’Italie sur l’exportation de leurs vins. Deux raisons à cela : l’une, conjoncturelle, liée à la coupe du monde de foot qui peut être à la racine d’un intérêt accru pour les produits italiens, et créer un effet de mode. Cet atout là sera difficile à contrer, mais reste à démontrer : les amateurs de foot ne sont pas tous amateurs de vins, et vice versa. L’autre, structurelle, dépend du formidable vecteur de commercialisation que sont les restaurants de la diaspora italienne dans le monde. A la pizza et la pasta, plats simples, conviviaux, abordables, la cuisine française oppose la grande gastronomie, accessible à une petite élite. A l’image des grands crus. Même les champagnes ont su se mettre à la portée de tous, en faisant des demi bouteilles à boire en solo, ou en « drink » à la paille. Nous avons dans nos parcelles largement de quoi satisfaire tous les consommateurs, débutants, jeunes, femmes, amateurs, gourmands, familiaux. Alors, je martèle mon credo : faisons face, et offrons-leur ce qu’ils attendent : du plaisir sans chichi. Et Zut à l’Italie !!!!

mardi 04 juillet 2006

YAKA FOCON

Nos "instances supérieures" européennes ont décidé avec leur bon sens technocrate qu'il suffira d'arracher et de distiller pour résoudre la crise viticole! Ne soyons pas aussi obtus qu'eux, et ne rejettons pas massivement l'arrachage. On sait bien qu'il y a des parcelles qui devraient être arrachées, parce qu'elles n'auraient jamais du être plantées. Mauvaise exposition, terre ingrate, plants inadaptés, nous connaissons tous dans chaque propriété ces "canards boiteux". Commençons donc par arracher ceux-là. Mais si réduire la voilure permet parfois d'éviter le naufrage, encore faut-il que l'embarcation soit saine. Ce qui n'est pas toujours le cas. Et si au lieu d'inventer des solutions idiotes, d'attendre des sous de l'Europe ou d'ailleurs, on essayait tout simplement de se remettre en question? De fabriquer honnêtement un vin correct à un juste prix? Un vin adapté au marché, parceque le marché existe, et croît en plus, et pas le même vin que papa et grand-papa? Et si on essayait de se remuer un peu, nous français, et plus encore bordelais? Petite revue de presse des camarades blogueurs : partout le même discours, la même aproche; allez lire sur www.berthomeau.com, ou Hervé Bizeul, ou les divers liens que je donne à droite. On va bien finir par être entendus!