jeudi 30 novembre 2006
Bienvenue en France
Par Stéphane Toutoundji, jeudi 30 novembre 2006 à 15:27 :: Billet d'humeur
Un des aspects très intéressant de mon métier est le conseil à l’étranger. De par sa nature, je participe à l’évasion de nos techniques de travail vers l’étranger, et quelque part à la globalisation ou mondialisation ! L’œnologue français, Bordelais de surcroît, est une denrée recherchée, notre goût et nos méthodes de travail font encore des heureux. Je n’emploie pas ce mot au hasard : à l’étranger, les clients sont très attentifs à nos recommandations et conseils, et l’adaptation aux marchés est beaucoup plus rapide que chez nous. Bien entendu, la législation y contribue : les barrières administratives sont quasi inexistantes, avec un but avoué : que le vin se vende, c'est-à-dire qu’il soit en adéquation avec les attentes du consommateur. Je vous jure que notre métier devient alors très excitant : améliorer la qualité et aider l’entreprise qui vous demande conseil à augmenter son chiffre d’affaire, c’est joindre l’utile à l’agréable. Lorsque vous revenez dans notre magnifique pays, vous retrouvez toutes les pesanteurs de notre système fait de déclarations, papiers, contrôles, amendements, rectifications, l’épisode récent des copeaux en étant une illustration flagrante.
La mondialisation est irréversible, et nous ne sommes pas armés pour y répondre, trop de carcans administratifs, trop de règles à respecter, mis en place pour la plupart par des ministres et des cabinets incohérents, pour ne pas dire incompétents, règles et décrets qui se superposent en strates poussiéreuses. La conséquence sur les viticulteurs comme sur d’autres catégories socioprofessionnelles, c’est cette morosité, cette absence d’envie, cette lassitude qui conduit les français à regarder en arrière et pas devant. L’attentisme règne dans notre pays alors qu’ailleurs ça avance rapidement. De retour de voyage, le contraste est saisissant. Pourtant, nos hommes politiques voyagent eux aussi, ils doivent bien ressentir comme moi cette opposition choquante. Alors qu’attendent-ils pour libérer les énergies et l’envie de faire bouger les choses de nos concitoyens ? En ce moment, comme d’habitude, rien !

