lundi 19 février 2007
Des femmes et du vin !
Par Stéphane Toutoundji, lundi 19 février 2007 à 14:47 :: Billet d'humeur
Ma précédente note « chéri tu t’occupes du vin » a déclenché une levée de boucliers. Je me suis fais traiter de sexiste au prétexte qu’aujourd’hui l’achat et le service des vins n’est plus un apanage masculin. Alors là, Mesdames et Messieurs, cette accusation est infondée ! Je suis très bien placé pour savoir la place grandissante que prennent les femmes dans le monde du vin, et pas qu’à l’achat ! De plus en plus de femmes sont présentes dans mon milieu professionnel, dans tous les domaines. J’adore travailler avec elles, spécialement quand elles s’occupent de cuviers car, plus soignées et plus précises que les hommes, elles sont plus attentives à tous ces détails qui comptent dans la quête de la qualité et de la régularité. Avec elles, les rapports sont plus détendus : pas de compétition ou de rapport de force entre gros bras, elles sont à l’écoute et les échanges sont toujours enrichissants. Les femmes ont aussi, et c’est prouvé scientifiquement, un don pour la dégustation que beaucoup d’hommes n’ont pas, elles sont souvent plus sensibles à certains parfums ou à certains défauts que la gent masculine. Les propriétaires ne s’y trompent pas, qui font appel maintenant à des femmes pour gérer leur château ou leur cuvier : ils ont compris tout le parti qu’ils pouvaient en tirer tant au niveau technique que pour les visites, les dégustations avec les clients ou les journalistes. Les temps changent : il y a seulement quinze ans, on prédisait aux jeunes femmes entrant à la faculté d’œnologie un avenir incertain du style : « vous ne trouverez pas de boulot, le monde du vin est misogyne ». Parité et signe des temps, elles en trouvent aujourd’hui, et sont plutôt pas mauvaises !
Jeudi soir, Mr Philippe Buisson a organisé un débat à Libourne sur l’avenir viticole des plus intéressants, car les problèmes de fond ont été un peu plus abordés que d’habitude, et les hommes politiques présents ont laissé la parole à la salle, ce qui est plutôt nouveau et bien . Les viticulteurs vont se sauver à deux conditions : que l’état revoie la fiscalité sur les entreprises viticoles et que les viticulteurs comprennent que le marché est à double vitesse. Il y a 60 marques de châteaux qui peuvent se permettre toutes les folies, car elles font partie du monde du luxe, et les autres qui doivent coller au marché par le goût, le marketing et le prix pour être concurrentiels au niveau mondial sinon elles n’ont pas d’avenir.
L’homme ou la femme (encore une nouveauté !) qui arrivera au sommet de l’Etat devra en tenir compte dans son programme.
Les temps changent, ma bonne dame !

