samedi 28 avril 2007
Humeurs de campagne
Par Stéphane Toutoundji, samedi 28 avril 2007 à 11:54 :: Billet d'humeur
Mon dernier article a fait réagir et c’est tant mieux. Un jour, un jour peut-être, nous travaillerons dans un monde juste où les journalistes feront leur métier et où l’honnêteté l’emportera sur le copinage, on peut toujours rêver! Toujours est-il que je tiens à remercier tous ceux qui réagissent sur le blog ou qui m’en parlent de vive voix, quand nous nous croisons, et qui encouragent ma démarche qu'ils trouvent justifiée.
En ce moment c’est la grande agitation, LA question de cette période de l’année : c’est quand qu’il sort ces notes ? Demain, ou bien lundi, à moins que ce ne soit pour Vinexpo ! Mais les notes de qui ? De M. Parker, évidemment ! Tous ces gens suspendus à une note et à leur publication, c’est terrifiant. Et, vous pouvez être tranquille, il y a autant de sorties primeurs que d’eau sur la planète Mars. De toute façon ce millésime représente le triomphe des vins markétés par Pierre, Paul ou Jacques et non pas la réalité du millésime, du terroir et des vins.
Parlons d’autre chose. Le vignoble pousse à une vitesse folle et le problème du personnel ressurgit. Il est de plus en plus difficile de trouver du monde pour travailler dans les vignes et cela pour deux raisons : le coût salarial énorme à supporter pour les employeurs, et le peu de personnes motivées par le boulot dans les vignobles. On en revient à cette campagne électorale qui passionne notre pays, où les propositions vont bon train. M. Sarkozy propose dans son programme que les produits agricoles (dont les vins) importés de l’étranger soient soumis aux mêmes règles de production que les produits issus de l’Europe. C’est bien mais nos vins à l’exportation, comment fait-on ? Pour être compétitifs sur le marché mondial, les autres pays producteurs ne vont pas changer leurs règles, c’est à nous de nous adapter et pas l’inverse. Pour ne pas faire de jaloux, du coté de Mme Royal, je n’ai rien entendu, c’est vrai la négociation d’alliances est plus urgent que de parler de la viticulture française.
J’ai découvert un livre (« Casseroles et éprouvettes ») écrit par un éminent chimiste, Hervé THIS, qui propose une approche scientifique de la cuisine. C’est tout simplement génial : on y découvre une vision originale et un apprentissage particulier de la cuisine. L’auteur milite pour l’apprentissage du goût à l’école et l’exploration expérimentale des recettes de cuisine, afin de lutter contre l’obésité et la malbouffe. Quand on voit l’alimentation des ados et des jeunes de nos jours, l’affaire est urgente. Nos enfants, bien éduqués, seraient des consommateurs avertis, pour la cuisine comme pour le vin. Et les producteurs pourraient compter sur une nouvelle clientèle qui boiraient du vin avec attention et passion. C’est exactement ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis, où les classes moyennes et supérieures s’éduquent, boivent moins mais mieux. Ce qui est tout bénéfice pour les vins français !

