Le jeune œnologue bordelais se dévoile : ses coups de cœur, ses coups de gueule, ses trouvailles, ses réflexions à chaud sur l'actualité de la filière ou sur l'actualité en général…aucun sujet n'est tabou !
Une véritable interface avec le grand public, un trait d'union parfois même humoristique qui permet non seulement d'informer ceux qui le lisent, mais qui me permet de rebondir et d'entretenir mon activité souvent bouillonnante.
Destinés à tous les professionnels et amateurs, le blog a déjà fait couler beaucoup d'encre…
N'hésitez plus à partager vos idées !

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raslabouteille

jeudi 24 mai 2007

Prendre de la bouteille…

Premier anniversaire de ce blog… Au-delà de la fierté d’avoir tenu la distance, d’avoir des lecteurs de plus en plus nombreux (35 000 pages lues par mois, excusez du peu !), je suis surtout content d’avoir pu lancer le débat. Oh, bien évidemment, à un tout petit niveau. Celui des amateurs de vins, des « tchateurs », des esprits curieux. Mais je rencontre chaque jour des gens qui me disent « bien, ton truc sur Internet » ou « t’es gonflé quand même d’écrire des machins pareils ». Et puis il y a les pros du blog, comme Jean-Luc Thunevin, qui me citent, ou d’éminents wine makers qui réagissent à mes articles. Bref, du trafic, de l’énergie, des idées qui circulent. C’était l’objectif de ce blog, et c’est vous qui l’avez rendu possible.

Merci à vous tous pour votre contribution, en lisant régulièrement d’abord, en réagissant ensuite, ça m’a donné des idées, m’a permis d’ajuster mon tir. Encouragé par vos commentaires, et les voix off qui s’enthousiasment ou s’indignent, je vais continuer. Même si on n’a pas la reconnaissance de la presse, comme le soulignait Patrick G. Surtout si on n’a pas la reconnaissance de la presse ! Au risque de me répéter, vos réactions, votre fidélité ont été pour moi plus importantes que toutes les récompenses : je me sentais incongru avec mes idées bizarres dans ce métier. Votre soutien a prouvé qu’il y a une autre voie, d’autres voix, pour tenter de faire survivre notre spécificité culturelle en la modernisant, en l’adaptant au monde actuel. Et pas en se crispant sur notre passé. Merci à vous tous d’avoir permis ce souffle de liberté sur le bordelais !

Mais j’ai envie d’aller plus loin encore : de vous donner la parole. De vous faire goûter des vins, à vous, amateurs, amoureux, et surtout consommateurs. Dans ce blog, je vous ai asséné mes trouvailles, vous certifiant que c’étaient là de belles bouteilles. Et si vous en jugiez par vous-mêmes ? Le principe serait relativement simple : on goûte 6 vins, dans une fourchette de prix maxi de 15€. 6 bouteilles que je vous ai choisies pour leur qualité, issues d’un travail acharné et de l’amour de la belle ouvrage. Des vins introuvables, ni médiatisés ni « notés », et qui s’arrachent à peine posés sur les rayons du supermarché, quand ils y ont accès. Avec comme seul parti pris celui du plaisir. Et si vous les aimez, vous pourrez en acheter, à prix producteur. Et je suis sur que vous allez aimer !

Pari à prendre en 2 dates, et 2 villes au début de l’été: le 25 juin à Arcachon et le 9 juillet à Bordeaux. De 19h à 21h. Réservez vos places (nom, numéro de téléphone et nombre de personnes, date et ville choisie) en m’envoyant un mail. D’autres rendez-vous sont possibles à l’automne, faites-moi savoir les lieux les plus proches de chez vous (et jouez de vos réseaux !). Alors rendez-vous en chair et en os, autour d’une bonne bouteille, et libérons la parole !

vendredi 18 mai 2007

Des mots et du vin

''Parallèlement à la baisse de la consommation de vin, on assiste à une chute médiatique vertigineuse en termes de presse écrite. Certes, de nombreux titres se font l'écho de l'actualité du vignoble (français le plus souvent), mais cela reste circonscrit soit à une rubrique laconique, soit à un supplément (invariablement piqué de saisonnalité du style : les rosés d'été au mois de juin, les champagnes pour les fêtes de fin d'année). Que d'inventivité! Un petit détour par la presse étrangère est pourtant riche d'enseignements : de l'autre côté de l'Atlantique par exemple, le New York Times, pour ne pas le nommer, propose des sujets récurrents (Wine & Dining) et quotidiens. Au pays du Champagne et des Grands Crus Classés, que nous propose-t-on ? Le vin de la semaine ou du week-end (parce que plus propice à sa consommation en ces jours de repos), parfois la dernière innovation décalée en terme de packaging et puis...et puis…et bien, pas grand-chose. Ou alors direction les revues spécialisés, et leur lot d'expertises techniques qui passent le plus souvent par-dessus le verre de la plupart des néophytes mais néanmoins amateurs de bonnes bouteilles. Miracle de la technologie : l'ère du Net est arrivée. Et avec elle, son cortège de sites et de blogs vineux. Des initiatives bien venues, souvent joliment et intelligemment orchestrées, qui jouent sur le registre du plaisir et de la découverte. Amateurs ou vignerons, chacun y va de son commentaire, coup de coeur, conseil et les échanges fusent sur la toile.'' Véronique Raisin. Vu dans « vinidea »

Je sais que l’on va encore me targuer d’enfourcher mon cheval de bataille sur la passivité des journalistes vins, leur manque de curiosité. C’est pas faux ! N’étant toutefois pas un spécialiste des médias, j’ignorais la chute des ventes de cette presse spécialisée, surtout quand on voit à quel point ils font peur dans le milieu des producteurs de vins, comme si une mauvaise appréciation de la RVF était aussi tragique que la grêle en août.

Or donc, je tombe sur cet édito de Véronique Raisin, fondatrice d’un web journal « Picocrol ». Elle, elle est du sérail. J’en déduis qu’elle sait de quoi elle parle. Et je me réjouis de constater d’une part qu’elle partage mon analyse ( les chevilles ça va, merci !), et d’autre part d’apprendre que les lecteurs, les vous et moi de tous les jours, ont pris de pouvoir de la contre information. Le net n’est pas seulement un moyen de communication, c’est aussi un réseau, un lieu d’échange d’informations, où de plus en plus d’amateurs, de passionnés, donnent leur avis, partagent leurs infos, leurs notes de dégustations, leurs bonnes adresses. Et que ces forums et ces blog grignotent des lecteurs aux magazines spécialisés ne m’étonne qu’à moitié, mieux, me comble d’aise. Vous l’avez peut-être remarqué, mais c’était bien le sens de ce blog : parler librement, ouvertement, partager mon expérience et mes connaissances, apprendre des autres, bref cesser de se réfugier derrière le verbiage et la technique. Les commentaires sur le blog s’intensifient, pour mon plus grand plaisir, mais n’hésitez pas aussi à me poser des questions, à me suggérer des thèmes : ce lieu est également le votre. Ras la bouteille nom d’un chien !

vendredi 11 mai 2007

L’été, c’est demain !

Je me suis engagé auprès d’un lecteur exigeant à vous conseiller des vins que je n’avais pas faits. Il m’était en effet reproché d’inscrire dans mes trouvailles essentiellement des vins dont j’avais supervisé la conception. Je m’en suis expliqué avec ce lecteur, mais reprends ici les points principaux.

  1. RAS la bouteille n’est pas un site commercial : vous ne trouverez ni publicité, ni liens vers des sites de vente en ligne. Je veux rester libre de mes jugements, et de mes coups de cœur ou de gueule.
  2. Je sélectionne souvent dans mes trouvailles mes « bébés », pour deux raisons : la première est que, connaissant bien ce qu'il y a dans la bouteille, et pour cause, je peux les conseiller les yeux fermés. Deuxièmement, il s'agit toujours de petites propriétés peu ou pas médiatisés, donc méconnues, donc abordables, et qui font un travail sur la qualité remarquable.
  3. Je suis très exigeant, voire pointilleux, sur la qualité bien sur, mais aussi sur le prix d’une bouteille. Or dans les dégustations auxquelles je participe, soit les vins sont très moyens qualitativement (à mon goût), soit ils sont à des tarifs que je trouve insultants. Ce qui explique que les élus soient rares !

Toutefois, voici mes trouvailles du printemps, et je ne suis pour rien dans leurs belles qualités !

Les vins rosés, très consommés au printemps et en été, sont rarement bordelais. Ces derniers (et j’inclus le Clairet qui un temps fut très en vogue) sont souvent lourds et manquent parfois de finesse, du moins ceux que l’on trouve généralement dans la restauration. Les rosés du Sud et particulièrement ceux de la presqu’île de Saint TROPEZ sont en train de se tailler la part belle dans la restauration et les cavistes haut de gamme, ce qui est totalement justifié : quelle application dans le respect du fruit et de la finesse des arômes !

  • Les prix ne sont pas forcément très abordables mais essayez à l’occasion la « cuvée M » du château SAINT MARGUERITE en rosé (Tél. 04 94 00 44 44 ). La palette aromatique passe par les confiseries de notre enfance, les fruits frais, et j’en passe, du pur bonheur ! Comme quoi, quand on s’applique à faire son vin, même en rosé, on obtient des nectars sublimes, car un vin rosé peut être grand et procurer un plaisir immense.
  • En rouge, à Bordeaux, je vous ai dégoté une petite perle, à acheter et à encaver 5 à 7 ans. Il s’agit du Vieux Château Palon 2005- AOC Montagne Saint Emilion. Une merveille vinifiée par un vigneron passionné, Grégory Naulet Tel : 05 57 24 64 62 - Fax : 05 57 51 23 79 -Prix : 14 € . Un bon exemple de vin investissement intelligent sur ce millésime surcoté et qui vous permet d’avoir un bon 2005 pour un prix normal. Et croyez moi ce vin est grand !!!

lundi 07 mai 2007

Les notes ! Quoi des notes !

Ça y est, depuis hier le milieu viticole bordelais pleure ou rit : l’éminent M. Parker a sorti ces notes primeurs 2006. Il n’y a pas de surprise, il n’a noté que 152 vins, les grands et beaucoup de crus classés, sa garde rapprochée a joué des coudes pour y être. Néanmoins, son analyse sur le millésime est pertinente au niveau technique et aussi pour le business (si les prix baissent, vous pouvez acheter). Il admet également que les nouveaux marchés acheteurs : Russie, Corée, Chine etc. faussent un peu la donne car ils achètent quoi qu’il arrive, pour étaler leur nouvelle richesse. On retrouve un classement classique, sans trouvailles et sans surprises, où les absents vont avoir du mal à faire une campagne primeurs (surtout si les vins ont été bien notés l’année dernière sur le millésime 2005). Mais tous les joueurs sont prévenus au début de la partie, il n’y a pas de carte faussée ni de bluff. Enfin pour moi, l’épisode technique et gustatif va se clore, je vous dirai seulement si des sorties primeurs sont intéressantes pour vous à acheter. Dernière petite anecdote concernant les primeurs : deux clients sont partis de chez nous pour rejoindre des œnologues censés leur permettre d’atteindre le graal, c'est-à-dire d’être noté par M. Parker, et… ils n’ont rien eu, comme on dit c’est ballot !!!

La récente publication d’une série d’études sur la consommation des jeunes, des Anglais ou des Américains, me prouve que je suis sur la bonne voie : les jeunes cherchent des vins plaisirs à boire à l’apéritif et à table sans trop de tanins. Il y aurait donc un décalage énorme entre le goût des journalistes et le goût des consommateurs… Remarquez que j’ai constaté la même différence d’analyse entre les médias et l’opinion des électeurs à propos du débat de mercredi dernier entre Mme ROYAL et M. SARKOZY. C’est plus gênant dans nos métiers de bouche car le consommateur ne peut se faire une opinion par lui-même, contrairement à la politique. Cela illustre une nouvelle fois mon propos - que l’on va finir par trouver psychorigide !- concernant l’élitisme d’une certaine presse gastro-viticole, qui tourne dans les même circuits, goûte les mêmes vins, et est devenue totalement déconnectée des réalités des marchés, du coté de la production comme de celui de la consommation.

L’Hôtellerie de PLAISANCE à Saint Emilion a rouvert après de multiples travaux effectués par les propriétaires Mme et M. Perse. Le résultat est magnifique, grandiose, le menu du midi est remarquable par son rapport prix/qualité. Bravo ! Ce village classé au patrimoine de l’Unesco méritait un établissement comme celui-ci. Allez-y, vous passerez un moment inoubliable.

Sinon, j’ai aussi déjeuné chez un de mes clients lundi dernier (c’est que l’on mange beaucoup dans notre métier !) et j’ai bu un grand vin que j’adore : Château LEOVILLE LASCASE 2000. Un grand vin est unique, il est irremplaçable par sa race, son caractère et sa présence. On peut échanger de longues minutes à propos de sa dégustation et des impressions. Tout est pur et intense. Rien n’est surfait mais tout est là, naturel, sans correction mais sans défaut, et c’est cela la magie du terroir, de l’homme, du vin.