Le jeune œnologue bordelais se dévoile : ses coups de cœur, ses coups de gueule, ses trouvailles, ses réflexions à chaud sur l'actualité de la filière ou sur l'actualité en général…aucun sujet n'est tabou !
Une véritable interface avec le grand public, un trait d'union parfois même humoristique qui permet non seulement d'informer ceux qui le lisent, mais qui me permet de rebondir et d'entretenir mon activité souvent bouillonnante.
Destinés à tous les professionnels et amateurs, le blog a déjà fait couler beaucoup d'encre…
N'hésitez plus à partager vos idées !

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raslabouteille

vendredi 29 juin 2007

Quelle saison !

Tout le monde nous parle du réchauffement climatique, les sommets se succèdent, les ministres passent et rien ne change. A propos du coté « écolo-proche-de-la-nature », j’ai été stupéfait de croiser l’ancien champion du monde de football Bixente LIZARAZU (qui rappelons-le milite pour la propreté de l’océan à travers Surfrider Foundation , et se dit soucieux de l’environnement) au volant d’une énorme Audi Q7, qui , que je sache, n’est pas la voiture la plus écologique du marché...



Trêve de plaisanteries, le millésime 2007 est un millésime très compliqué au niveau du cycle végétatif et de la pression des maladies dans le vignoble. La vigne est comme folle, étant à la base une liane, elle ne cesse de pousser, et les vignerons sont confrontés à une masse de travail dans les vignes et à une énorme quantité de traitements phytosanitaires à appliquer. Ce millésime présente une floraison très étalée dans la plupart des terroirs sauf les terroirs très précoces. Un millerandage (les baies restent petites et ne grossissent pas) relativement préoccupant va obliger à un tri conséquent. L’amplitude thermique d’une journée à l’autre est terrifiante (moins ou plus dix degrés en 24 heures) et la pluviométrie est parfois digne de celle observée en Asie. Si vous y ajoutez les différentes zones touchées par la grêle (le Fronsadais, les Premières Côtes de Bordeaux, une partie de l’Entre Deux Mers et du vignoble de Bergerac), vous comprendrez que la vie de viticulteur n’est pas de tout repos cette année ! Le 2007 se présente bizarrement, comme chahuté de toutes parts par la nature pour qu’il naisse prématuré et mal. Nous travaillons avec la nature tous les jours et je vous jure que le temps change et pas pour rire, entrainant contraintes financières, humaines et stress. C’est devenu une réalité et il est grand temps de prendre les mesures pour essayer de faire quelque chose.

La semaine prochaine, je vous parlerai de la dégustation organisée à Arcachon et qui est riche d’enseignements. N’oubliez pas celle de Bordeaux le 9 juillet, vous pouvez encore vous inscrire sur le blog ou par téléphone.

vendredi 22 juin 2007

Vinexpo live !

Vinexpo s’est terminé hier soir avec une affluence qui n’a pas encore été communiquée, mais la plupart des exposants avaient l’air satisfaits. Une passerelle géante avait été installée, reliant le palais des congrès aux halls en traversant le lac de Bordeaux. L’impression de classe et d’élégance de l’évènement est sans contexte renforcée par cette superbe initiative. Les stands, de plus en plus beaux, reflétaient l’effet de la mondialisation. D’énormes groupes avec des vignobles dans le monde entier impressionnaient par la superficie des stands et l’argent investi pour ces 4 jours. L’effet marketing et marques joue à plein dans ce contexte et la communication est massive. Ensuite vous aviez les stands traditionnels avec les Bordelais et les Bourguignons qui sont dans le style classique pur. Et puis les nouveaux arrivants, producteurs de spiritueux qui viennent souvent des pays de l’Est, présentaient des stands plus proches de boites de nuit que de l’esprit de Vinexpo. C’était drôle à observer, ces jeunes femmes blondes plutôt jolies et légèrement vêtues, dansant sur de la techno sous le regard d’hommes habillés de blazers bleu marine et de cravates rouges : un décalage hilarant. Un coup de jeune est en train d’arriver, et c’est tant mieux.

J’ai participé en tant que juré à la Coupe des Grands Crus de Saint Emilion. Le château DESTIEUX a gagné, mais ce qui est passionnant, c’est la formule : 3 millésimes, deux verres et on désigne le verre que l’on préfère entre les deux et cela sur les trois millésimes, c’est une dégustation où l’impression immédiate compte beaucoup. Le niveau de qualité de l’ensemble était vraiment très bon et cette appellation peut être fière du travail qualitatif accompli.

N’oubliez pas de vous inscrire pour la dégustation qui aura lieu le 9 juillet à la Dame de Shanghai à Bordeaux, pour découvrir des vins et des vignerons.

lundi 18 juin 2007

Inscrivez-vous vite !

Alors que Vinexpo bat son plein, je mets la dernière main à l’organisation de notre rencontre future. Souvenez-vous : 2 rendez vous pour 2 dégustations inédites, 6 vins dans une fourchette de prix maxi de 15€, que j’ai sélectionnés pour vous, et que je vous commenterai, en présence des propriétaires. Un panel de 6 appellations, avec comme seul parti pris celui du plaisir et de l’amour de la belle ouvrage. Des vins introuvables, ni médiatisés ni « notés », et qui s’arrachent à peine posés sur les rayons du supermarché, quand ils y ont accès.

2 dates :

Le lundi 25 juin à Arcachon, à la Suite 246, (246 bd de la côte d’Argent, Le Moulleau),
et

Le lundi 9 juillet à Bordeaux, à la Dame de Shanghai, (Bassin à Flot, Quai Armand Lalande)

Un horaire « happy hour » unique : de 19h à 21 h.

Venez découvrir en exclusivité mes trouvailles. Et vous pourrez commander à prix producteur celles qui vous auront vraiment fait plaisir.

Attention : c’est gratuit mais le nombre de places est limité.

Inscrivez-vous vite par mail en cliquant sur mon adresse e-mail ci-dessus, il reste encore quelques places !

lundi 11 juin 2007

Petite pub pour viticulteurs doués

On va dire que je suis une girouette. Après avoir affirmé que ce blog n’est pas commercial, me voila en train de faire de la réclame ! Que nenni. C’est une question de vie ou de mort.

Il y a des rencontres qui ne vous laissent pas indifférents : il y a trois ans, j’ai pris en conseil œnologique le Château LA ROCHE PRESSAC, en Côtes de Castillon. Le couple de propriétaires, des gens charmants et passionnés, s’est jeté à corps perdu dans leur nouveau métier, les pieds dans la boue et les mains dans le moût. Tout ce que j’aime. Ce travail de titans porte ses fruits, les vins sont splendides en 2004 et en 2005. Mais ils ne décollent pas commercialement, l’appellation est difficile à vendre et la période peu propice. Si vous aimez les très bons vins et que vous voulez épater vos amis avec une vraie trouvaille, n’hésitez pas à leur acheter quelques bouteilles, vous les aiderez dans leur travail qualitatif. Vraiment, ils le méritent !
Voici les prix et le nom des différentes cuvées :

Château Cadet La Roche 2004 ET 2005 8.8€ TTC la bouteille (deuxième vin légèrement boisé)

Château LA ROCHE PRESSAC 2004 ET 2005 15€ TTC la bouteille (superbe !!!!)

Château LA ROCHE PRESSAC 33350 SAINT MAGNE DE CASTILLON TEL/FAX 0557404824

lundi 04 juin 2007

Primeurs, la fin

Depuis une dizaine de jours, la météo en fait voir de toutes les couleurs aux vignerons. Cette alternance de pluies, de chaleur et de froid ne facilite pas le travail dans le vignoble et le bon déroulement de la floraison. Nous commençons à envisager des vendanges précoces avec pas mal de dégâts au niveau de la fructification. En général, un temps sec et sans à-coups de température est nécessaire pour que la floraison se passe bien et qu’il n’y ait pas de perte de récolte par coulure ou millerandage (le millerandage étant plus préjudiciable pour la qualité de récolte car les baies de raisin restent toutes petites et vertes, ce qui oblige à un tri beaucoup plus sélectif). Enfin, nous y verrons plus clair dans une dizaine de jours.

La fin des numéros spéciaux concernant les primeurs 2006 est parue la semaine dernière avec Le Point, L’Express et La Revue Du Vin de France. Le Point avait organisé comme tous les ans le lancement du numéro spécial au Bistrot du Sommelier à Bordeaux. C’était comme d’habitude bien organisé avec une dégustation de vins coup de cœur vraiment bons. Le travail de Jacques DUPONT est fouillé, réglé et des plus précis. En compilant toutes les notes de dégustation, il n’y aura jamais eu autant de disparités entre les différentes analyses des journalistes et des magazines ! C’est hallucinant, et preuve que ce millésime est vraiment difficile à cerner. Il y a même des choses incompréhensibles, comme par exemple le fait que le château HAUT CARLES n’ait été cité nulle part, alors que c’est un vin magnifique (si vous pouvez en acheter, n’hésitez surtout pas). Enfin, pour en finir définitivement avec les notes, dans le magazine suisse Vinum, quatre des cinq meilleures notes en crus classés et assimilés pour 2006 sont des propriétés conseillées par notre labo : Château de PRESSAC, CADET PIOLA, LA SERRE, L’ARROSEE, le dernier étant VALANDRAUD, de J.L. Thunevin, qui lui aussi se goûte bien et a été un peu oublié dans pas mal de dégustations.

L’événement Vinexpo approche à grands pas et les sorties des vins en primeurs commencent à se bousculer. Le marché est difficile, la parité dollar euro n’arrange rien, mais néanmoins les belles marques comme Château TALBOT, HAUT MARBUZET et d’autres se vendent très bien et certains négociants manquent d'allocations pour contenter leurs clients. Il y aura toujours un marché primeurs pour les belles marques à Bordeaux et c’est tant mieux.

Sinon, deux brèves : merci encore à Antoon et à Patrick, rencontrer des gens passionnés par ce métier est toujours un régal professionnel et humain. Par ailleurs, Arte a diffusé un documentaire ces deniers jours sur la bataille du vin dans le monde et les effets de la mondialisation. C’était long, ennuyeux et le fait d’opposer les vins de terroirs faits par de gentils paysans à ceux d’énormes groupes industriels devient agaçant et récurrent. On nous a expliqué que le goût sucré, ancré en nous depuis notre naissance, favorisait la consommation des vins des pays du nouveau monde, grâce à l’effet magique des copeaux et de la technologie américaine. C’était d’une imbécillité crasse. Il faudra quand même qu’un jour, on ose dire que les bons vins, qu’ils soient de terroirs ou de marques, quand ils sont bons, ils se boivent, un point c’est tout !