lundi 30 juillet 2007
Machin européen
Par Stéphane Toutoundji, lundi 30 juillet 2007 à 10:23 :: Billet d'humeur
Depuis le 4 juillet, nous avons de nouvelles propositions de réforme du marché vitivinicole émanant de la Commission Européenne…Ça y est, L’Europe nous a encore pondu une usine à gaz ! On entend de-ci delà moult commentaires et avis, la plupart très négatifs, comme toujours. Moi qui suis comme Saint Thomas, j’aime bien me renseigner avant de crier avec les loups. Donc, merci Internet, on peut consulter le texte (pas très long et agréablement lisible) ICI. Et ma foi, quand je lis que l’objectif est d’arrêter de dépenser des fortunes pour faire disparaître les excédents et de transférer ces sous pour aider à être plus compétitifs et à mieux vendre, je me dis que ça n’est pas complètement idiot. Ça a le mérite en tout cas d’être novateur, et un peu, réaliste. Comme toujours, attiré par les idées à contre-courant de la morosité ambiante, je hausse un sourcil, intéressé.
J’ai déjà donné mon opinion sur l’arrachage : s’il est volontaire, et s’il permet à des exploitants surendettés qui s’échinent du soir au matin pour des prunes, à sortir la tête haute d’un système exténuant, je dis bravo. Les subventions sont plus élevées les premières années, pour accélérer le processus, et se concentrer sur les parcelles intéressantes qualitativement, et donc rentables, là encore, bravo. L’arrachage, rappelons-le est volontaire.
Là où la pilule ne passe pas, c’est quand, quelques lignes après avoir fixé des objectifs d’arrachage à 200 000 Hectares on apprend que les droits de plantation, eux, ne seront libéralisés qu’à partir de 2013… C’est incohérent et dangereux : toutes les études montrent que le vin va manquer à partir de 2009 et l’Europe nous encourage à arracher sans nous permettre de mieux vendre. D’autant que cette même Europe subventionne par ailleurs des plantations gigantesques dans les nouveaux pays membres, comme par exemple la Roumanie, ou la Bulgarie. Lesquels produisent souvent des vins premiers prix qui envahissent les marchés des pays de l’Est.
Donner d’une main, reprendre de l’autre, et gérer dans l’urgence les incohérences nées de cette situation : voila la politique européenne en matière de vin. Comme toujours, parents pauvres de la PAC, nous subissons des textes absurdes. Quoique je le répète, celui là soit un peu moins crétin que les précédents. Mais il aurait fallu aller plus loin, plus fort.
Il faut arrêter de vouloir sauver la filière entière, certains vont et doivent disparaître car ils ne veulent ou ne peuvent pas s’adapter au marché et à ses contraintes, d’autres vendent tout leur vin et en manquent, les deux cas de figure coexistent et doivent être appréhendés différemment. Allez, madame Fisher Boel, encore un petit effort. Vous êtres sur la bonne voie !

