mercredi 31 octobre 2007
Paroles données et promesses tenues
Par Stéphane Toutoundji, mercredi 31 octobre 2007 à 12:41 :: Billet d'humeur
Heureusement que j’ai les chevilles solides et la tête froide, parce qu’à force d’avoir toujours raison, je pourrais avoir quelques problèmes psychologiques ! Plus sérieusement, la campagne du 2007 en blancs secs démarre sur des chapeaux de roues, le tonneau se négociant à des prix élevés, autour de 1200 €, contre 700 à 800 € en 2006, ce qui laisse augurer d’une campagne rouge tout aussi active. C’est sur quoi je pariais l’année dernière à la même époque, en constatant que si la quantité était en diminution, la qualité des blancs secs était excellente, très intéressante en rouge malgré quelques disparités, avec des mentions à ceux qui avaient travaillé leur vigne et leur vin de manière régulière et suivie. Et le 2007 a bien tenu ses promesses ! Au-delà de la satisfaction personnelle, cet état de fait impose deux constats :
- Le négoce a toujours besoin de vin, donc il en vend ;
- Les propriétés ont enfin retrouvé des prix de vente décents qui leur permettront de mieux vivre mais surtout d’investir dans l’outil de travail, malheureusement beaucoup délaissé ces dernières années ; ce qui ne peut que profiter à la qualité des vins en général et à l’intérêt du travail œnologique.
Sur le terrain, fin des écoulages des rouges, sauf sur les terroirs très tardifs : les quantités sont faibles mais le résultat reste toujours aussi agréablement surprenant. On obtient des vins très fruités, très droits, avec des tannins soyeux qui se révèlent à la fermentation mallolactique. Ces vins d’une grande élégance seront un vrai plaisir à boire pour les consommateurs.
Petite anecdote : la photo illustrant l’article que Sud-Ouest a fait paraître sur mon travail a été prise dans les vignobles Quet, à Artigues de Lussac, ceux-là même où, en avril dernier, M. Sarkozy effectuait une visite éclair en hélicoptère. Alors en plein campagne électorale, il promettait une révision de la loi Evin, car le vin était un « produit culturel », et même bon pour la santé dans le cadre d’une consommation régulière et modérée. Espoirs déçus, car le nouveau ministre de l’agriculture, M. Barnier, repousse aux calendes grecques une quelconque réforme de ladite loi. Les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient …

