Le jeune œnologue bordelais se dévoile : ses coups de cœur, ses coups de gueule, ses trouvailles, ses réflexions à chaud sur l'actualité de la filière ou sur l'actualité en général…aucun sujet n'est tabou !
Une véritable interface avec le grand public, un trait d'union parfois même humoristique qui permet non seulement d'informer ceux qui le lisent, mais qui me permet de rebondir et d'entretenir mon activité souvent bouillonnante.
Destinés à tous les professionnels et amateurs, le blog a déjà fait couler beaucoup d'encre…
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raslabouteille

mercredi 26 décembre 2007

brèves de fin d'année !!!

Je suis content car Jean Marc QUARIN a choisi dans ces découvertes de l'année Le Château LAFON LA TUILERIE dans le millésime 2005 de mon ami Pierre LAFON.Le travail commence à payer pour cette petite propriété qui mérite d'être plus que connue.J'éspère que c'est le début d'une belle aventure pour Pierre et pour toute sa famille. La Champagne est en train d'étudier une augmentation de surface de 5000 hectares pour amener la superficie de l'appellation à 40000 hectares. La consommation explose et il faut faire face à la demande,les premières bouteilles issues de ces nouvelles plantations devraient être bues en 2015.La méthode d'audit est claire, le climat est serein et cette extension semble se passer tranquillement.Beaucoup d'autres devraient prendre exemple sur cette interprofession qui se comporte avec intelligence et sagesse pour protéger ce nom magique qu'est le Champagne. Dernière étude de l'année: huit femmes sur dix consomment régulièrement du vin. Trois paramètres sont intéressants pour l'avenir. Elles préfèrent les vins légers et fruités, achètent les vins plutôt chez le caviste et consacrent un budget d'environ 7,90 euros par bouteille.Ces nouvelles sont excellentes pour le futur. A propos de caviste, j'ai été acheter du champagne dans un magasin Cash Vins.Le service et le conseil y sont parfaits, cela ne m'étonne pas que cette enseigne connaisse un grand succés.

lundi 17 décembre 2007

Analyses!!!

Plusieurs recherches récentes analysent le milieu du vin et essayent de le décrypter.Ainsi par exemple,trois chercheurs de Sciences Po ont écrit 'vin et politique,la France,la mondialisation' aux Editions Sciences Po les Presses.Leur analyse est sérieuse et rejoint le bilan que je fais de la viticulture depuis longtemps.Les acteurs de la filière sont souvent perturbés par des passions qui engendrent des prises de décisions ou de stratégies pour le moins bizarres.Il n'y a qu'à voir le bazar actuel autour des dispositions pour l'agrément des vins, et ce bouquin prend tout son sens.Autre étude récente, nous manquons de managers de haut niveau dans la filière vins.Tout simplement, il faudrait accepter de les rémunérer comme dans les autres filières et le tour sera joué.Les entités sont souvent familiales et l'argent est souvent un problème.Le contre exemple à mes propos est médocain: toute la gestion du Château LATOUR a été confié à un gestionnaire de haut vol et la propriété en tire des bénéfices incroyables:c'est une marque forte et c'est en passe de devenir le vin incontournable, demandez aux négociants qui se battent pour avoir quelques caisses!!

L'ouverture est un élément indispensable au fonctionnement de l'homme et de la société, certains devraient y réfléchir. Petit message personnel:Brane-Cantenac 2006 est un bon plan à l'achat, j'ai bu un millésime 1950 de chez eux qui était remarquable.

dimanche 09 décembre 2007

Colère du matin, chagrin !

Je suis terriblement las de travailler dans une filière, et dans un pays, où tout est réglementé par des textes inutiles, dépassés ou mal nés. Le combat de la viticulture française ne se gagnera qu’avec une libéralisation authentique et honnête de la filière, sans querelles de président d’une AOC avec un membre de l’INAO ou avec un de ses confrères d’une autre appellation française. La situation à Bruxelles est bloquée, notamment en ce qui concerne les droits de plantation, et notre ministre M.BARNIER n’a pas l’air d’une grande efficacité sur le sujet. L’agriculture française, avec les céréales et donc le pain, mais aussi le lait ou la viande en font les frais, et nos portefeuilles par la même occasion, pour des résultats nuls et cela en prend le chemin dans le vin. Et pourtant… la situation n’a jamais été aussi favorable pour nous: les récoltes mondiales sont en baisse importante en Espagne, en Italie et en Australie. La consommation des nouveaux marchés en Chine et Europe de l’Est est en train d’exploser, et les vins français ont le vent en poupe. Il ne faudrait pas rater encore une fois cette vague de nouveaux consommateurs par nos blocages administratifs et nos querelles de clochers.

Pour preuve de la bêtise de notre réglementation absconse, et une des causes de mon exaspération du jour : les vins du millésime 2007 présentent dans beaucoup d’appellations un PH élevé, ce qui compromet la stabilité de la couleur mais aussi la qualité microbiologique du vin car le SO2 est insuffisant pour jouer son rôle de protecteur contre les altérations du vin. (J’espère que c’est clair pour les non-scientifiques !). Un traitement efficace existe : l’électrodialyse. Ce traitement est autorisé partout dans le monde, sauf chez nous, où il est soumis à autorisation préalable... En France, la pression des autorisations et lois diverses est telle que toute réactivité indispensable à la conduite d’une vinification cohérente est impossible. Chaque millésime présente à chaque fois des caractéristiques différentes, et on ne peut pas soumettre la nature à autorisation préalable ! Alors, il faut s’adapter, perdre un temps précieux à trouver des solutions compliquées, alors que nous pourrions travailler tranquillement. La viticulture a besoin de plus de souplesse pour réagir, s’adapter, gagner des marchés, survivre. Il est urgent de revoir les AOC qui sont dépassées, ou les nouvelles procédures d’agrément mises en place pour 2008, dignes d’une réunion du Polit Bureau des années 50, stupides et inefficaces !!!

Allez, au travail mes amis, pour financer un état et des fonctionnaires qui, non contents de ne pas faire grand chose de constructif, empêchent les autres, ceux de la « France qui se lève tôt », d’avancer et de grandir. Comme disait l’autre, si encore on les payait à ne rien faire, mais les payer à nous emm…, trop c’est trop. Bon, allez, ça c’est fait !

lundi 03 décembre 2007

Bonnes et mauvaises surprises de saison

Les transformations malolactiques se terminent dans le calme et la sérénité. Les vins sont très colorés et présentent très peu d’hétérogénéité d’un lot à l’autre dans un même cuvier. Les nez sont purs et les matières en bouche très soyeuses. L’élevage, comme souvent dans ce genre de millésime, sera complexe mais déterminant. L’apport de bois devra être raisonné et raisonnable, car ce millésime peut, commercialement, séduire beaucoup de monde s’il est bien mené et guidé jusqu’aux mises en bouteilles. Affaire à suivre !

Le 25 novembre est une des dates importantes dans le calendrier viticole : c’est en effet à cette date que tout viticulteur doit déclarer le nombre d’hectolitres produits dans le millésime à l’état français. Cette année, l’affaire s’est compliquée car l’Inao ne sera plus responsable de l’organisation des labels et des agréments. Chaque syndicat doit dorénavant adhérer à une ODG chargée de s’occuper des agréments, lesquels changeront l’année prochaine pour glisser vers des contrôles aval (c'est-à-dire à la mise ou après les mises). En tant que conseil concerné par les intérêts de nos clients, nous avons passé des dizaines de coups de téléphone à l‘Inao, et aux syndicats viticoles pour avoir des précisions sur les quantités à déclarer, les modalités à suivre et oh surprise, il y a tellement d’inconnus et de paramètres non définis que personne ne savait trop sur quel pied danser . Imaginez vous pae exemple qu’en recoupant les textes, nous nous sommes aperçus que le viticulteur qui souhaite passer un agrément en juillet 2008 ne peut pas dans pas mal d’appellations du Bordelais, car, tenez-vous bien, rien n’est prévu ! Tout cela est d’un compliqué, je vous jure, heureusement que des têtes bien faites ont pondu tous ces textes car avec ma logique, j’en aurai été bien incapable !!!

Sinon, au niveau littéraire, c’est promis, j’ai pris bonne note de l’orthographe exact de Mr Nossiter et non pas Nociter. Michel Bettane a sorti l’édition 2008 de son « grand guide des vins de France », il est bien documenté et peut faire l’objet d’un cadeau sympa pour noël. Le magazine Decanter a classé les 100 meilleurs Bordeaux, c’est bien, mais il y en a tellement d’autres, à bon entendeur, salut…