Le jeune œnologue bordelais se dévoile : ses coups de cœur, ses coups de gueule, ses trouvailles, ses réflexions à chaud sur l'actualité de la filière ou sur l'actualité en général…aucun sujet n'est tabou !
Une véritable interface avec le grand public, un trait d'union parfois même humoristique qui permet non seulement d'informer ceux qui le lisent, mais qui me permet de rebondir et d'entretenir mon activité souvent bouillonnante.
Destinés à tous les professionnels et amateurs, le blog a déjà fait couler beaucoup d'encre…
N'hésitez plus à partager vos idées !

E-Mail :stoutoundji@conseil20pt.com

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

raslabouteille

lundi 28 avril 2008

Dégustations et concours

Le week-end dernier s’est déroulé le Concours mondial des vins de Bruxelles auquel Bernard Sirot m’avait cordialement invité. Je n’avais jamais participé à celui-ci et je peux vous dire que j’ai été surpris par la qualité et le sérieux de l’organisation. Les concours sont intéressants pour les viticulteurs, pour leur notoriété et pour leur apporter une certaine reconnaissance technique et commerciale.

L’intérêt d’être juré dans un tel concours est que vous vous baladez sur la planète entière sans quitter votre siège. En effet, des séries d’une dizaine d’échantillons s’enchainent trois matinées de suite à un rythme soutenu mais agréable. Mon jury était composé d’un sommelier québécois, d’un œnologue portugais et de deux sommeliers belges très connus. Notre jury était parfaitement calé et la dégustation s’est déroulée dans le sérieux décontracté. Au niveau des dégustations, elles se déroulent totalement à l’aveugle avec un système de notation efficace et rapide. Certains concours français devraient en prendre de la graine ! Après la matinée de dégustation, le Président du jury nous dévoile le pays dégusté dans chaque série ainsi que le nom des producteurs.

Au niveau des vins, nous avons eu des blancs secs grecs, des riesling du Luxembourg, des rioja, des chiliens, des champagnes et des graves rouges. Ce qui est intéressant pour moi dans ces dégustations, c’est d’appréhender le style de vin produit dans le pays. Par exemple tous les vins chiliens avaient des nez très marqués par le cassis et des boisés très présents. Les rioja étaient souvent assez secs avec des notes de vieux bois. Mais le pire était les deux dégustations de champagne et de graves. Les champagnes avaient évolués sans charme et l’horreur était à venir… La dégustation des vins de Graves 2006 était catastrophique : les vins étaient végétaux avec des boisés nuls.
C’est dans ce genre de circonstances que l’on se rend compte de la faiblesse de certaines régions : je me suis mis un instant à la place d’un acheteur étranger qui goute la même série que nous : il ne peut rien acheter. Certaines appellations ont décidément des progrès à faire !

Je vous annonce que la version anglaise sera bientôt disponible pour mon blog. An english version will be avalaible very soon ! Be ready

lundi 21 avril 2008

Dame nature a sévi !

La semaine dernière a été marquée par des gelées dont nous commençons à voir les conséquences à la fois sur les vignes mais aussi sur le moral. Certaines parcelles ont été touchées, notamment dans le bas de Saint Emilion et le nord Médoc. Heureusement, les contres bourgeons vont permettre de récupérer une partie de la récolte même si ces bourgeons secondaires sont bien moins qualitatifs. J’ai aussi une pensée pour les viticulteurs du Muscadet qui ont perdu toute ou partie de leur récolte. Décidément, la nature prend toujours le dessus.

Sinon, les notes de dégustations continuent de sortir sur le millésime 2007. Les commentaires de tous les dégustateurs font apparaître une grande disparité et il ne ressort aucune tendance majeure, ce qui est fort dommage car ce millésime mérite des avis plus tranchés. Les propriétaires des châteaux et les conseillers techniques ont émis des choix et des options assez nettes au cours de ces dégustations, mais la presse ne semble pas avoir perçu la tendance.

La première sortie primeur a eu lieu avec la sortie du Château Filhot. Grand millésime à Sauternes, cette propriété s’est permis d’augmenter ses prix. Même si la plupart des négociants ne sont vraiment pas optimistes sur une augmentation des prix pour cette campagne, les propriétaires ont toujours une bonne raison de le faire !

C’est un peu comme dans mon métier : les conseils qui veulent s’implanter et se développer sont de plus en plus nombreux. Sur certaines propriétés, je suis en concurrence avec trois ou quatre conseils. C’est une tendance qui se confirme même si certains promettent plus qu’ils ne peuvent tenir…

On en revient finalement à la nature, même si la nature humaine est beaucoup plus complexe car elle n’est pas régie par les mêmes règles.

lundi 14 avril 2008

Place au commerce

La semaine des primeurs est terminée. Alors maintenant il va falloir penser aux objectifs commerciaux en espérant que ce millésime qui ne sera certes pas un « grand millésime » soit tout de même apprécié pour ses quelques trésors cachés… A ce jour, voici ce que l’on retrouve dans notre région :

- les liquoreux type Sauternes et Barsac sont cette année une réussite comme par exemple : Guiraud, Coutet, de Malle...

- les blancs sec de Pessac-Léognan sont également bons.

- les vins de la Rive droite sont assez hétérogènes mais Pomerol est très bon en général et sur Saint Emilion, c’est un vrai panaché ! Il va falloir suivre les conseils des dégustateurs et les prix pratiqués.

- les vins de la Rive gauche comme les Pauillac sont en général secs en finale avec une longueur moyenne. L’appellation la moins intéressante est certainement Margaux, avec une qualité très moyenne. Les meilleurs équilibres sont sur Saint-Estèphe et Saint-Julien avec de très belles choses.

- comme tous les ans, l’appellation oubliée dans les commentaires de tous les critiques est Fronsac, je suis désespéré car certains vins sont grandioses et personne n’en parle.

Ensuite, dans ma semaine très agitée de dégustation, je me suis rendu dans plusieurs châteaux et voici quelques anecdotes : Chez Jean-Luc Thunevin au Château La Dominique, l’accueil était très serein et la qualité des vins et des propriétaires étaient bien au-dessus de la moyenne. Cet homme a une gamme de fournisseurs charmants, posés, abordables et amoureux de leur métier et ça, c’est beau !

Un nouveau groupe de Saint-Emilion s’était installé au Château Pas de l’âne chez Arnaud Delair. Là aussi, la qualité des vins et l’accueil étaient parfaits. A suivre car comme ils disent : « la qualité du vin c’est leur dada » !

Ensuite, une visite incontournable au Château Fonroque pour la dégustation des vins Bio du groupe Biodyvin : les vins sont souvent superbes et j’ai trouvé trois perles : Josmeyer en Alsace (déjà connu) et deux vins moins connus qui méritent haut la main de l’être : Montirius Vacqueyras le Clos à Sarrian (tél : 04 90 65 38 28) et le Domaine Les Bruyères Les Croix en Croze Hermitage (tél : 04 75 84 74 14)

Pour finir, j’ai été invité par le négociant Yvon MAU pour faire partie du jury pour le Grand Bi d’Or (sélection de lots pour leur marque Prémius). Très bonne organisation et le niveau des lots de Bordeaux était très bon. C’est encourageant !

lundi 07 avril 2008

REFLEXIONS POST-PRIMEURS 2007

Comme tout le monde, j’ai mon goût qui n’est pas le même que Pierre, Paul, Jacques ou Bob (au hasard) et j’ai humé, senti et dégusté la plupart des primeurs en 2007. Le résultat est surprenant comme en 2001. D’abord, je voudrais rendre hommage à Mr Bernard Magrez qui faisait goûter son vin au château La Tour Carnet en personne et le mot prend tout son sens. Tout était organisé pour que vous vous sentiez bien : les hôtesses étaient plus que charmantes, la cuisine avait l’air superbe... Ensuite, vous aviez droit à une coupe de champagne en quittant la salle de dégustation. Le plus important dans cette histoire est que cet homme, à son âge et après toutes ces belles réussites, se tienne debout pendant des heures pour faire goûter son vin, il n’y a qu’un mot à dire : chapeau bas ! Beaucoup de propriétaires devraient en prendre de la graine. Ces dégustations sont devenues impersonnelles et au moment où l’oenotourisme doit se développer en Gironde, des efforts sont encore à faire. A entendre beaucoup de personnes, les Crus, surtout les premiers, reçoivent de manière quelconque et les acheteurs sont un peu déboussolés car ils s’attendent à du prestige et du haut de gamme.

Le millésime est comme 2001, meilleur sur la Rive droite que sur la Rive gauche. Personne ne peut me dire que les Cabernets sauvignon étaient mûrs après ce que j’ai dégusté mercredi dans le Médoc. Même si le marché primeurs et les gros volumes sont régis par celui-ci, cette année si vous voulez acheter des primeurs, tournez vous vers Pomerol où tout est globalement bon (à part Petit-Village qui est encore une fois passé à côté de son sujet).

Maintenant, il faut attendre les prix…
Sur la Rive gauche, c’est difficile. Margaux est l’appellation la plus sinistrée de tout le Médoc. Les vins sont fluides et manquent de matière. Seuls Rauzan-Ségla, Lascombes et Durfort-Vivens présentent des choses intéressantes.

Pour le reste des vins du Médoc, Saint Pierre est pour la deuxième année une de mes découvertes, c’est très bon. Les deux Léoville Barton et Poyferré sont aussi bien réussis. Poujeaux est comme souvent très bien fait. Quand au reste, c’est pas génial, les exemples étant Croizet-Bages et Gruaud Laroze qui sont passés totalement à côté de leur sujet.

La dégustation au château Fonroque de l’association Biodyvin était passionnante. Quand à la dégustation au château la Dominique organisée par JL Thunevin, c’était intéressant comme d’habitude. Je vous en dirai plus sur ces deux dégustations la semaine prochaine.

mercredi 02 avril 2008

The Wine Spectator !!! Quelle horreur

Les notes du Wine Spectator sont sorties hier et il y a un gros problème.Mr James SUCKLING a noté les vins d'une manière qui ne peut pas être intègre. Il a mis des notes qui frisent le ridicule. Le millésime 2007 est particulier à goûter et à appréhender certes! Mais il faut respecter les vignerons , maîtres de chai et propriétaires qui ont enfanté ce millésime si difficile et un dégustateur éclairé verrra bien que certains vins sont de belles réussites et correspondent exactement à ce que le consommateur recherchera d'ici 4 à 5 ans. Alors , pourquoi noter les vins si faiblement ?? La parité dollar €uro l'y incite, mais quand même! Il faudrait que les châteaux du Bordelais arrivent à s'entendre (comme le font certaines autres professions) pour remettre à sa place ce genre de journaliste.Ne pas lui faire goûter un millésime futur en primeur peut être une idée . Mr Robert Parker ne pourra pas aller aussi loin dans la mascarade car il va apprécier des vins qui le méritent!! Enfin j'éspère.L'intégrité d'un journaliste consiste à comprendre et assimiler l'ensemble d'un sujet, messieurs , comprenez le 2007 à Bordeaux car certains vins le méritent.

mardi 01 avril 2008

LE TEMPS DES PRIMEURS

La semaine de présentation a commencé hier sous un temps pluvieux.Tout d'abord , je veux clarifier un point : les échantillons primeurs ne sont pas trafiqués , il faut juste trouver le bon assemblage issu de la propriété à l'instant T qui pourra permettre à l'acheteur de décider si ce vin peût vieillir et répond à ses attentes en terme de qualité.Dans notre clientèle , il n'y a pas de triche ou de falsifications, cela est clair!! Cette année , le millésime est très complexe car les lots se goûtent de manière différente d'une semaine sur l'autre.Le millésime est toujours sur une réduction marquée et les assemblages sont très difficiles à réaliser. Ce que je dis dans mon billet d'hier se confirme: il y a de très bons vins comme certains que j'ai dégusté hier dans ce beau château LAROZE où l'association des crus classés de Saint Emilion s'est installée: La Clotte, Fonplégade, La Serre , Haut Sarpe, Soutard et l'Arrosée s'en sortent très bien avec une mention particulière pour les deux premiers.Par contre , les vins issus de raisins vendangés très tardivement ne sont pas particulièrement réussis. Ce n'est pas du tout mon goût. Certains autres ont compris la limite de leur terroir dans ce millésime et ont fait des vins très élégants: Château Grand Corbin Despagne et Corbin en sont le parfait exemple. Ensuite j'ai été goûté au Cercle Rive Droite qui a déménagé. Le lieu est plus intimiste mais l'accés est nul , il faut se garer loin et marcher dans la boue, cela ne me dérange pas , mais d'autres peut-être. La dégustation y est intéressant: deux vins m'ont enchantés : Château Haut Carles qui est encore une fois délicieux et château Clos Chaumont qui est bien réussi( D'autre sont superbes mais j'en parlerai à la fin de la semaine) Aujourd'hui , je reste rive droite et demain je vais goûter la rive gauche avec une attention particulière pour les Médoc qui sont souvent plus difficiles à appréhender en primeurs que les vins de la rive droite (question de cépage sans doute) mais qui sont toujours intéressants au niveau technique pour la compréhension des terrois en fonction du millésime.