Le jeune œnologue bordelais se dévoile : ses coups de cœur, ses coups de gueule, ses trouvailles, ses réflexions à chaud sur l'actualité de la filière ou sur l'actualité en général…aucun sujet n'est tabou !
Une véritable interface avec le grand public, un trait d'union parfois même humoristique qui permet non seulement d'informer ceux qui le lisent, mais qui me permet de rebondir et d'entretenir mon activité souvent bouillonnante.
Destinés à tous les professionnels et amateurs, le blog a déjà fait couler beaucoup d'encre…
N'hésitez plus à partager vos idées !

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raslabouteille

lundi 26 mai 2008

Les aléas d’une propriété en vente…

Le problème des changements de propriétaires est souvent une source de tracas et de profondes désillusions qui engendre souvent une restructuration de la propriété qui peut-être fait avec élégance ou au contraire avec brutalité. Par exemple, je suis en train de récupérer une propriété suivi jusqu’à lors par Michel Rolland et le changement se fait tout en douceur.

Cette histoire m’a perturbée pendant de longues nuits. Je vais vous la narrer : un cru de Pomerol change de mains et devient propriété d’un assureur italien également sponsor de voile au long cours. Je suis convoqué par le nouveau directeur, jeune, courtois et manifestement au courant de notre métier. Il me raconte qu’ il se donne un an pour observer mon travail et après, il avisera. Il me demande de lui proposer un plan d’investissement pour les années à venir, ce que je fais.

Et puis, un mois après, juste avant la sortie Primeur, il me téléphone un peu embarrassé pour me dire qu’un autre consultant va s’occuper du 2007 dès maintenant et que notre collaboration allait donc s’arrêter là. La parole donnée un mois avant ne vaut donc rien !

Il a juste oublié de voir que le cru montait depuis trois ans, date à laquelle je l’avais récupéré. J’espère juste que ce brave directeur n’est pas un directeur fantôme recevant des ordres… vu ce qu’il s’est passé, j’en doute !

Il s’est trompé, il m’a trompé et je pense qu’un jour nous nous reverrons, comme il me l’a si gentiment dit.
Le vin est un microcosme où tout le monde se retrouvera un jour.

lundi 19 mai 2008

Changements en vue ! Quoi de neuf ?

La semaine fut épique. L’INAO est en train de faire pression sur les ODG, (organisme composé de viticulteurs exclusivement qui vont gérer la validation des certificats d’aptitude des vins à la mise en marché) qui vont dorénavant valider les mises en marché des vins pour garder le contrôle de cette procédure. Cette institution d’Etat s’est en effet aperçue que le système mis au point présentait plusieurs failles. Et comme toute bonne administration, elle tente de rectifier le tir avant le 1er juillet en faisant passer un texte en force auprès des ODG, en lui proposant des choses étranges. Dans mon blog , je ne parle que de ce que je maîtrise à peu près, mais que ce pays est compliqué !

Déjà, vous avez un Président qui ne boit pas de vin et qui promet pendant sa campagne électorale 2007 aux Artigues de Lussac devant un client de faire du vin en France un alicament et donc de permettre comme en Espagne la publicité et la communication sur ce produit. Depuis, M. Barnier, Ministre de l’Agriculture n’a rien fait, il veut, oh pardon…il souhaite que 20% des vins soient bio dans dix ans mais je pense qu’il n’a aucune idée de ce que cela engendre au niveau de la filière. Pour les labels, les textes étaient clairs et précis il y a un mois et maintenant, des négociations ultimes sont en train de modifier la donne et les futurs textes.

De quel droit l’administration agit elle ainsi ?

Pour le bien des viticulteurs, certainement pas. Pour garder un semblant de pouvoir, certainement ! J’ai de plus en plus de mal à comprendre la manière dont notre pays évolue. Des promesses non tenues de la part de notre Président pour lequel plus de la moitié des français a voté en croyant à son discours et une administration qui ne veut pas travailler plus mais qui refuse d’abandonner ses prérogatives.



Et, nous, au milieu de tout cela ?

La plupart des vins issus du millésime 2007 ne sont pas expédiés ou vendus à cause de ces problèmes administratifs transitoires liés au 1er juillet prochain.
Est-ce normal dans un état capitaliste revendiquant haut et fort une économie libérale ? La question est lourde de conséquences…

mardi 13 mai 2008

Parker, notes, médailles et remous

Suite au Concours Mondial de Bruxelles, le château FONCHEREAU dont je m’occupe depuis 2005 a obtenu une médaille d’or pour ce millésime.Il vient également d'obtenir une médaille d'or au concours régional des vins d'Aquitaine.Mission accomplie pour ce propriétaire, M. Ruiz et toute son équipe qui, à l’occasion de ce millésime, a fait appel à mes services pour tout reprendre à zéro. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à un standard de qualité élevé. Je suis content que ces médailles viennent couronner ce premier millésime fait ensemble. C’est sans doute un bon début pour cette propriété au grand terroir longtemps oubliée et réveillée par un groupe d’investisseurs mexicains.

Suspense… Parker a publié ses notes !

Comme je m’en étais douté, il a quand même mieux considéré le millésime 2007 que M. Suckling et les notes sont indépendantes du cours du dollar.

On voit par contre l’influence forte de tel ou tel négociant ou propriétaire sur les notes sans parler des commentaires qui parfois ne reflètent pas les notes. Par exemple, « la patte » de Jeffrey Davies (négociant américain installé à Bordeaux) est bien présente avec des vins bien notés.

Désormais, il faut que je fasse attention aux noms et aux personnes dont je parle dans mon blog car cette semaine, il m’est arrivé une drôle d’anecdote. J’étais au laboratoire lorsque j’ai reçu un coup de fil d’un propriétaire de Cru Classé de Saint-Emilion et de son fils pour me dire qu’ils étaient choqués par les propos que j’avais tenu suite à la dégustation de leur vin en primeur. Ils m’ont menacé avec beaucoup de virulence et m’ont même imposé par tous les moyens possibles le retrait du commentaire avec leur nom sur mon blog. Aussi, ils m’ont dit que j’étais le seul à ne pas aimer leur vin et que je n’avais pas le droit de critiquer leur produit car je n’étais pas journaliste mais simplement œnologue. Sachez, Messieurs que j’ai retiré votre nom ainsi que les commentaires sur mon blog telle la virulence de vos propos m’a choqué.

Cette histoire confirme encore une fois que l’honnêteté et les propos libres sont difficiles à concilier dans notre bon milieu du vin. Une certaine liberté de penser est tout de même nécessaire non ?

lundi 05 mai 2008

Question de fond !

En lisant les nombreux articles de la presse spécialisée, il me vient souvent une réflexion que je voulais vous faire partager. Comparons nos impressions avec d’autres secteurs d’activités professionnels comme la mode ou l’architecture (tous ces métiers où l’on touche à des notions de jugement et de critiques assez subjectifs) !

Par exemple, j’ai lu le dernier numéro de la RVF (Revue du Vin de France) de fond en comble pendant mon dernier voyage en TGV pour Paris. Ce mensuel décrit dans le détail les primeurs 2007 et propose tout un dossier sur le millésime 2004 de la Rive Droite. J’y ai lu avec intérêt que le Château La Serre était une des grandes réussites primeur et dans le sujet concernant le millésime 2004, deux des vins les plus appréciés étaient le Château Arnauton en appellation Fronsac et le Château La Roche Pressac en appellation Côtes de Castillon.

En analysant les commentaires, il se trouve que l’on parle souvent du propriétaire ou du conseil de ces châteaux mais pour ces trois vins, il n’y a pas un mot sur l’un ou l’autre (l’autre étant moi, vous l’aurez compris !). Cette question m’a alors poursuivi pendant une grande partie de la journée : à partir de quand et de quels critères un journaliste enquête pour découvrir un nouveau nom, faire le lien entre plusieurs châteaux de plus en plus appréciés ? Pas facile de savoir…

Tout être humain ne veut pas être célèbre mais simplement reconnu pour la qualité de son travail. J’attends avec impatience vos commentaires !