lundi 28 juillet 2008
Et ça va durer longtemps ?
Par Stéphane Toutoundji, lundi 28 juillet 2008 à 15:31 :: Billet d'humeur
Ce mois de juillet est très particulier, l’inquiétude est grande dans la filière et se fait ressentir tous les jours par les mots ou les actes. Par exemple, hier un propriétaire d’une soixantaine d’années est venu se confier sur l’avenir de sa propriété et de son métier. Il a été particulièrement affecté par la campagne Primeurs qui vient de se terminer et de la mévente de ses vins. Ses deux plus gros clients l’ont abandonné et il a vendu un quart de sa récolte. Il veut revenir à une vendange machine et diminuer ses achats barriques. Mais je lui ai conseillé de ne pas dénigrer la qualité mais plutôt de trouver de nouveaux clients car ses prix de vente sont corrects, le vin est délicieux et il est même noté tous les ans par Mr Parker. Vendre son vin est vraiment un combat de tous les jours et cela devient compliqué pour certaines personnes.
Autre dure réalité, c’est le changement lié aux nouvelles mesures de mise en marché et le contrôle amont qui en découle : les vignes et le chai. Certains propriétaires ont tellement reculé pour investir que leur outil de travail est impossible à mettre aux normes. En Bordeaux par exemple, entre thermorégulation, pressoir, traitements des effluents, conformité du vignoble, et j’en passe, des sommes de 150 à 200 000 Euros sont à débourser. Avec un prix moyen du tonneau à 900 €, c’est impossible.
Nous assistons donc à une mutation que j’avais prévu, mais pas aussi rapide. En effet, ces propriétaires deviennent apporteurs en caves coopératives ou vendent leurs vignes à des propriétés plus importantes.
Le résultat sera intéressant à observer dans les années à venir : moins d’acteurs, plus de qualité et de régularité dans les produits et des prix qui devraient monter (d’après mes lointains souvenirs de cours d’économie ça se passe comme ça !).

