Le jeune œnologue bordelais se dévoile : ses coups de cœur, ses coups de gueule, ses trouvailles, ses réflexions à chaud sur l'actualité de la filière ou sur l'actualité en général…aucun sujet n'est tabou !
Une véritable interface avec le grand public, un trait d'union parfois même humoristique qui permet non seulement d'informer ceux qui le lisent, mais qui me permet de rebondir et d'entretenir mon activité souvent bouillonnante.
Destinés à tous les professionnels et amateurs, le blog a déjà fait couler beaucoup d'encre…
N'hésitez plus à partager vos idées !

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raslabouteille

mardi 29 décembre 2009

Fin d'une drôle d'année

Cette année aura été compliquée: grêle , commerce vacillant , taux de change peu favorable aux exportations, clients avec une légère tendance à allonger les délais de réglement. Que du bonheur ! Et pourtant , nous avons vinifié certainement un des plus grands millésimes de tous les temps, la Chine a vraiment l'air de vouloir acheter de manière durable du vin, les investisseurs reviennent pour acquérir des vignobles. Tout n'est pas morose et le début de l'année 2010 va nous permettre avec mon associé de diversifier notre activité.Je crois en l'avenir et la passion que je mets dans mon travail au quotidien m'y fais croire.

Je vous souhaite à toutes et à tous , ainsi qu'a vos proches une belle et bonne année 2010!!!Et encore merci de me lire et de vous intéresser à mon humble blog!!!

mercredi 23 décembre 2009

parfois!!

L'année 2009 se termine avec un grand millésime en poche et une filière touchée par la crise. Le millésime 2007 , que le négoce ne veut pas acheter, engendre des problèmes de trésorerie pour les châteaux et les bilans ne sont pas très favorables. Mais la vente des 2008 et des 2009 va permettre de retrouver une certaine sérénité l'année prochaine. Par rapport à mon billet sur le comportement du négoce vis-à-vis de la propriété , j'ai une anecdote assez croustillante.

Un négociant qui connait le travail que je fais sur les vins m'a contacté car il cherchait des lots de Bordeaux ou Bordeaux Supérieur pour exporter en Chine.Je le mets en contact avec des clients qui ont des lots à vendre. IL fait le tour de ces fournisseurs potentiels et me raconte que l'un d'entre eux l'a reçu en lui faisant goûter les lots à la cuve avec un vin à une température de 1°. Evidemment , les vins se sont mal dégustés et le négociant ne l'a pas retenu!

C'est vrai que les négociants ne font toujours leur travail mais du côté des châteaux, ce n'est pas mieux . Il y a des moments où l'on peut se demander s'ils veulent vendre du vin et développer leurs affaires.No comment !!

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël 2009!!!!

vendredi 18 décembre 2009

débat !

La question du rôle du négoce fait vraiment débat et c'est tout à fait normal. Cette belle profession ne remplit pas son rôle comme l'explique clairement vincent Levieux qui connait bien le problème comme beaucoup d'autres propriétaires qui font de très bons vins dans des appellations qui ne se vendent pas toutes seules. C'est sûr qu'il est plus facile de vendre un troisième vin d'une prestigieuse appellation du Médoc qu'un bon vin de Fronsac ou des Côtes de Bourg. C'est triste mais cela fait des lustres que cela est comme cela.

C'est comme l'éternel débat sur l'approche bio des vins. Un de mes confrères conseil communique en ce moment sur une charte bio et une oenologie bio. Je veux bien mais je ne comprends pas l'approche. Je vais vous donner un exemple qui va vous perturber et qui laisse ouvert le débat. Dans la vie du vin la transformation malolactique est la deuxième étape dans la vie des vins rouges et de certains vins blancs et elle suit la fermentation alcoolique . La transformation de l'acide malique en acide lactique amène une acidité plus basse dans les vins avec une perte de vivacité et une stabilité chimique accrue. Cette transformation nécessite une température autour de 20° et peut prendre de quelques jours à plusieurs semaines suivant les cuviers et la qualité des vins.

Plus le temps de latence est important entre la fin de la fermentation alcoolique et le début de la transformation malolactique et plus le risque de contaminations et de production de dérivés peu qualitatifs est important.Sans compter l'énergie dépensée pour chauffer les cuves , le gasoil et le CO2 dégagé par les véhicules qui doivent aller au labo amener les échantillons pour contrôle toutes les semaines. Il existe dans le commerce depuis quelques années des préparations de levains bactériens qui marchent et qui évitent tous ces problèmes. Le seul hic ! Ces préparations ne sont pas bio.

Alors que faut -il faire? Vous voyez, rien n'est simple !!! Le débat est ouvert!!

vendredi 11 décembre 2009

Inexplicable?

Traditionnellement , la plupart de mes clients partent vendre leur vin dès la fin des écoulages et rentrent début décembre. C'est à cette période que je goûte les différents lots pour déterminer le type d'élevage à chaque lot : cuve, douelles, barriques.

Ces dégustations sont longues et c'est l'occasion de parler de tout et je suis très bousculé par les propos qu'ils m'ont tous rapportés et qui me laisse sans voix , les foires et les visites à l'étranger, notamment en Asie se sont très bien passées et les ventes enregistrées dépassent allégrement celles de l'année derniere.

Alors , comment peux-t -on analyser cela?

Le négoce peine à acheter des lots en propriété et les prix sont dramatiquement bas , cette tendance se confirme , et de l'autre côté , les châteaux qui vont à la rencontre d'acheteurs potentiels enregistrent de belles commandes . Je n'ai pas d'explications à cela, j'ai seulement quelques idées: le client est devenu un amateur et souhaite de plus en plus mettre un visage et échanger avec le vigneron et c'est au détriment des autres moyens de distribution et spécialement de la grande distribution qui n'a pas vu ce virage arriver. Après le négoce ne fait pas forcément son travail , surtout sur les vins peu connus et de moyenne gamme

Mais bon, j'attends vos commentaires si vous avez d'autres pistes!!!

vendredi 04 décembre 2009

Le déjeuner d'affaires

Cette typicité française est très pratique , elle facilite la vie professionnelle car les relations autour d'une table sont toujours plus conviviales et moins guindées que dans un bureau. La fin d'année est propice à ce genre d'exercice : fournisseurs , clients et les échanges vont bon train et la conclusion est que cette année fût terrible pour les entreprises de la filière. Les trésoreries sont au plus bas , les banques sont difficiles à convaincre pour de nouveaux investissements mais malgré tout cela , tous mes interlocuteurs sont confiants en l'avenir. C'est un sacré paradoxe ! Au cours de tous ces déjeuners , je me rends compte que la baisse de la TVA n'a pas du tout été répercutée par les restaurateurs et les prix sont toujours aussi éffarants pour les vins. La profession ne semble pas vraiment jouer le jeu par rapport à l'attente de l'état et du consommateur. Tant pis pour eux . Il faut par contre faire attention à la nourriture et ne pas boire plus que de raison car la crainte de dépendance à l'alcool me fait souvent peur. Pour la nourriture , le sport est la solution idéale !! Mais le combat est permanent entre plaisir et retenue , et ce n'est pas évident.