Le jeune œnologue bordelais se dévoile : ses coups de cœur, ses coups de gueule, ses trouvailles, ses réflexions à chaud sur l'actualité de la filière ou sur l'actualité en général…aucun sujet n'est tabou !
Une véritable interface avec le grand public, un trait d'union parfois même humoristique qui permet non seulement d'informer ceux qui le lisent, mais qui me permet de rebondir et d'entretenir mon activité souvent bouillonnante.
Destinés à tous les professionnels et amateurs, le blog a déjà fait couler beaucoup d'encre…
N'hésitez plus à partager vos idées !

E-Mail :stoutoundji@conseil20pt.com

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raslabouteille

dimanche 11 novembre 2007

En vin, mais pas en vain !

Les écoulages finissent tranquillement sur les terroirs tardifs et il y a de belles, voire de très belles cuves cette année. C’est tant mieux, les amateurs vont pouvoir se faire plaisir avec des vins purs et sur le fruit. Ma seule crainte et elle est partagée, c’est que le manque de volume sur ce millésime au niveau mondial ne permette malheureusement aux vilains canards de la profession de vendre leur vin même s’il est de mauvaise qualité, ce qui est souvent le cas en période de tension sur l’approvisionnement. Il faudrait, c’est utopique mais on a le droit de rêver(!) que les négociants n’achètent pas les mauvais lots et perdent des commandes. Ce qui n’arrivera pas, bien évidemment…

Je voulais signaler la parution d’un livre sur l’histoire virtuelle du 58ème cru classé du Médoc, entre autres, que je n’ai pas encore lu mais dont les critiques sont assez enthousiastes. Le titre est «MARGAUX INTERDIT», et il est disponible sur www.abebooks.com. Ceux d’entre vous qui l’ont déjà lu peuvent nous en faire le commentaire sur Ras la bouteille !

Ça n’est pas tout de parler de la genèse du 2007, ça faisait bien longtemps que je ne vous avais pas confié de trouvailles. En voici deux, pour réchauffer les premiers frimas, ou approvisionner la cave en perspective des fêtes à venir. (Cher Fgsuperferd, je n’ai pas ton mail pour du private!)

Le château CORNELIE 2005, en appellation Haut Médoc à Moulis tél 05 56 70 24 47. Le propriétaire Patrick Grisard est un homme charmant et passionné par son métier et il est communiquant dans sa passion ! Croyez-moi. Son vin est friand, bien fait, complexe avec un boisé parfaitement fondu et une extraction superbement maitrisée, du beau et du bon travail, en plus à 11€ la bouteille c’est cadeau.

L’autre vin est le château D’ARPAILLAN 2005, appellation Bordeaux Supérieur situé à Naujan et Postiac tél 05 57 74 98 69, fax 05 57 84 59 82. Un bon Bordeaux, sobre, sur le fruit, la finesse et l’élégance et qui mérite d’être connu. Et à un prix plus qu’intéressant : 4,20 € la bouteille.

samedi 25 août 2007

Retour de vacances…

Le temps exécrable de cet été commence à avoir des conséquences fâcheuses sur notre beau raisin. L’hétérogénéité des raisins est à ce jour assez inquiétante et rendra à coup sur indispensable l’utilisation de tout système de tri de la vendange pour réussir ce millésime qui ne se montre pas pour l’instant sous des auspices dignes des grands millésimes potentiels… Il faudra bien faire avec, et comme disent les anciens, les millésimes en sept à Bordeaux, à part 1947, ce n’est pas génial !

L’été est toujours propice à de nombreux diners et repas, au cours desquels on essaye souvent de m’empoisonner avec des blancs et des rosés qui présentent des équilibres des plus douteux et sont bien souvent affublés de défauts œnologiques assez facilement décelables, mais que je suis malheureusement le seul à trouver. Comme quoi, le palais du consommateur est encore à éduquer ! J’ai été invité pendant ces vacances Chez HORTENSE, célèbre restaurant du Cap Ferret, où le poisson et les crustacés sont à l’honneur. Mais pas les vins, la carte est d’une tristesse affligeante avec des blancs et des rosés sans intérêt et des rouges épouvantables, le tout à des prix frisant l’incorrection. Tout cela ne colle ni avec le cadre, ni avec la cuisine.

Deux vins goutés cet été : un rosé, le Pink de Listel : 9% d’alcool, du sucre et un beau packaging. Le résultat est plus que moyen : le gout est vite écœurant, l’équilibre n’est pas au rendez-vous et cela manque de finesse. Par contre le packaging est top, le service marketing a bien bossé ! Deuxième vin : ICE RED WINE , un rouge léger et fruité très agréable, mais un peu cher et un packaging tristounet. C’est ballot !

Des nouvelles du front des vendanges dès la semaine prochaine, avec la reprise du Journal des vendanges, avant même qu’elles ne commencent, faut bien se préparer pour affronter les pires situations imaginables !

A ceux qui rentrent en ce début de semaine, courage : la reprise se fera sous le soleil!

vendredi 10 août 2007

To BIB or not to BIB

Si on vous dit “BIB”, entendez Bag In Box. Le bag in box est un principe de conditionnement très simple. Il consiste en une poche en plastique alimentaire équipée d’un robinet et d’une protection en carton tout autour. Largement utilisé dans certains secteurs de l’industrie alimentaire comme le lait ou le jus, il a actuellement le vent en poupe dans la filière vin française. Les BIB existent depuis plus de 30 ans en Australie et dans les pays scandinaves où aujourd’hui, plus de 50% des vins vendus le sont en BIB. Ce conditionnement a ensuite séduit les consommateurs canadiens et américains tandis qu’en France, il a été très longtemps associé au vin de table et au vin de mauvaise qualité. Les Français auraient donc un temps, boudé ce conditionnement qui convient à tous les vins de boisson : les rouges, les blancs et les rosés. On observe cependant un véritable bond en avant des ventes de ce conditionnement dans un contexte morose, puisqu’en 2004, les ventes de vin en BIB approchent les 10% du total des ventes réalisées en grande distribution après avoir enregistré une hausse de 25% de 2002 à 2003 et de 26% de 2003 à 2004.

Je vois déjà les yeux agrandis d’horreur de mes lecteurs : voilà que les premiers soleils de l’été on tapé sur la tête du Toutoundji se disent-t-ils. Que nenni ! On commence à se connaitre, et vous savez ma curiosité et mon absence de parti pris. Ou plutôt mon parti pris du non-conformisme. Je ne prétends bien évidemment pas convertir toute la filière au BIB. Non, j’en examine juste les avantages.

Contrairement à la bouteille, qui une fois ouverte, doit se boire relativement vite, le vin en BIB ne s’altère pas. On peut le consommer jour après jour, pendant 6 semaines sans phénomène d’oxydation puisque le vin reste sous vide d’air et à l’abri de la lumière. Les conditions sont ainsi réunies pour qu’il conserve tous ses arômes. C’est donc une formule idéale pour ceux qui aiment un verre de vin avec le fromage mais ne vont pas non plus boire les 75cl d’une bouteille à chaque repas. Ah, mais me répondent les esprits chagrin, mais dans le BIB, le vin n’évolue pas. Certes. Mais avons-nous tous une cave aux conditions d’hydrométrie et de température idoines pour la conservation et le vieillissement du vin ? En général, la grand majorité des bouteilles achetées sont consommées dans l’année…

La grande contenance du BIB (3 ou 5 litres) en fait de surcroit l’allié parfait des tablées conviviales de l’été, sa forme carrée le rend pratique à stocker, son poids est nettement plus raisonnable que son équivalent en bouteilles, bref, que des avantages à l’heure de remplir son caddie. Qui l’est dans l’immense majorité des cas par les femmes, sensibles en plus aux arguments prix et simplicité d’usage. Parce que le BIB est d’un rapport qualité prix excellent. Une outre à vin de 5 litres est d’un prix estimé inférieur de 30% à celui d’un carton de 6 bouteilles. Cet écart tient uniquement aux coûts des conditionnements. D’un côté, on a une poche avec un robinet, emballée dans un carton et de l’autre : 6 bouteilles en verre avec chacune une étiquette et un bouchon, voire un carton. Et non, le BIB ne se limite pas aux piquettes exotiques. On trouve aujourd’hui chez tous les cavistes, et encore plus dans les grandes surfaces, des BIB d’AOC bordelaises dans des millésimes honorables (2004, voire 2005) qui sont mieux que buvables.

Dernier avantage, avec son carton, le BIB possède un champ visuel bien supérieur à celui de l’étiquette d’une bouteille. A côté des emballages classiques qui fournissent des informations relatives à la région et au cépage, on trouve des BIB qui vendent du rêve, caractérisés par un visuel qui évoque l’attrait touristique d’une région et un art de vivre mais aussi des cartons plus design, aux couleurs flash, sans aucune référence visuelle à la vigne. Ces outils de communication calqués sur ceux existant dans d’autres domaines séduisent des consommateurs non traditionnels, sensibles aux effets de mode. Le BIB aurait ainsi réussi à moderniser l’image du vin, à renforcer la « contemporanéité » d’un produit qu’on préfère souvent aujourd’hui consommer occasionnellement, ou dans des contextes « désacralisés ».

Voila en résumé les atouts indéniables d’une nouvelle manière de commercialiser son vin. Chacun est libre de sa démarche commerciale, mais à l’heure où tous subissent les à-coups d’un marché erratique, cette diversification me paraît très porteuse. Pour un second vin, un rosé, ou les parcelles de vignes jeunes. Mais aussi, pourquoi pas, pour un vin à maturité, prêt à boire, et dont ce conditionnement séduira et la grande distribution, et les consommateurs que l’on n’aurait pas touchés avec des bouteilles classiques aux étiquettes en écriture dorées. Parce que bon, on le fait quand même pour le vendre, le vin, non ?

lundi 16 juillet 2007

Veni , vidi, bebi…(je suis venu, j’ai vu, j’ai bu, traduction approximative !)

Or donc, ces dégustations. Tout d’abord, lever le voile sur les vins dégustés, ceux qui sont venus n’ont pas forcement tout noté, et ceux qui n’ont pas pu venir ont le droit d’être mis dans la confidence. 6 Propriétaires étaient présents, et abus de biens ne nuit point, certains ont même fait gouter 2 de leurs vins. En voici la liste :

  • Honneur aux dames : Chrystelle Lirand présentait son Château La Roche-Pressac 2004, AOC Côtes de Castillon. Prix 15 €. Tel 05 57 40 48 24
  • Alexia et Pierre Bouyer apportaient le Château Clos de La Cure, Saint Emilion Grand Cru 2003. Prix :€. Tel : 05 57 24 77 18.
  • Thomas Capdeville nous a fait connaître le Château Du Calvaire 2004, AOC Saint Emilion Grand Cru (Prix 8 €) et le Domaine des Religieuses 2004, AOC Saint Emilion Grand Cru également (Prix 10 €.) Tel 05 57 40 09 34
  • Bernard Laydis apportait 2 Montagne Saint-Emilion, Le Daylis de Roc de Calon, destiné à être bu jeune , (Prix 5,20 €.) et le Château Roc de Calon 2005, de fabrication plus conventionnelle (Prix 11 €.)Tel 05 57 74 63 99.
  • Frédéric Leydet a fait gouter son Château de Valois 2004, AOC Pomerol. Prix : 15€ Tel : 05 57 51 19 77
  • Jean Trocard présentait son Château Mancèdre 2003, AOC Pessac Léognan, au prix de 15€. Tel : 05 57 74 30 52

Rappelons que ces tarifs étaient un privilège accordé aux invités de ces deux soirées de dégustations, pour connaître leurs tarifs habituels ainsi que leurs conditions de livraison, mettez vous en contact avec eux directement.

Bien, mais ils étaient comment, ces vins ? J’aurai du mal à vous les commenter moi-même, puisque je les fais et que j’affirme haut et fort qu’ils sont excellents. Alors, à Bordeaux, au hasard de mes rencontres et discussions, je me suis permis d’embaucher une charmante dame membre d’un club de dégustation amateurs, et elle a bien voulu nous prendre quelques notes de dégustations que je vous livre telles quelles. Cette dame s’appelle Maguy Saint-Ourens, elle existe et n’a pas sa langue ni ses yeux dans sa poche !

« Château La Roche-Pressac 2004, AOC Côtes de Castillon. Très brillant. Couleur cerise mure. Equilibré. Rond. Fruité. A boire rapidement ou dans 4/5 ans.

Château Clos de La Cure 2003 , Saint Emilion Grand Cru . Rubis brillant. Nez discret et complexe. En bouche tannins fondus un peu fermes. Peut attendre 2/3 ans pour plus de plaisir.

Château Du Calvaire 2004, AOC Saint Emilion Grand Cru. Couleur rouge rubis brillante. Nez vanille, bois, âtre froid. Bouche : bois brulé, épices, finale poivre. A boire sur viande rouge, gibier.

Domaine des Religieuses 2004, AOC Saint Emilion Grand Cru. Couleur franche et brillante. Nez réglisse. Fruits. En bouche, tannins ronds, fondus. Très agréable.

Le Daylis de Roc de Calon 2005, Montagne Saint-Emilion. Brillant, quelques reflets bleus. Flatteur. Très fruité, framboise. Un peu sucré. A boire frais.

Château Roc de Calon 2005, Montagne Saint-Emilion. Brillant. Nez de fruits et de fleurs. Tannins fondus. Harmonieux. Fruits rouges. Très équilibré.

Château de Valois 2004, AOC Pomerol. Rubis intense. Nez de fruits murs. Tannins un peu agressifs en bouche qui doivent s’arrondir avec un bon carafage. Typique de son terroir. Rond. Fruits noirs. Velouté, gras.

Château Mancèdre 2003, AOC Pessac Léognan. Rubis clair pétant. Nez de fruits, vanille, un peu réglissé, qui donne envie de gouter. Harmonieux, toujours le fruit en bouche. Correspondance en bouche avec les arômes du nez. Equilibré. Souple. Très réussi.

Dans l’ensemble, constante de notes de fruits, dans toutes les appellations, et harmonie des arômes. Bouches pleines, harmonieuses, très aromatiques. Vins limpides, filtrages exemplaires. Sauf pour le Calvaire, notes boisées très discrètes, bel équilibre (ils ne doivent pas plaire à Parker, ces vins-là !). »

Pour information, le mari de cette dame est reparti les bras chargés de caisses, preuve qu’elle les a aimés, et il n’était pas le seul ainsi joliment lesté à quitter les lieux. Quel bilan en tirer ?
Pour moi, du bonheur. Bonheur de donner à « mes » vignerons l’occasion de raconter leur métier, de défendre leur produit. De se rencontrer et de se parler entre eux aussi, parce que souvent ils ne se connaissent pas. Bonheur de discuter avec des « vraies gens » qui les yeux brillants et les papilles titillées se parlent autour d’une bouteille «je vous assure qu’en finale il y a du gingembre», «celui là c’est fou ce qu’on sent la framboise». Plaisir tout simple aussi de me sentir conforté dans ce que je fais, et d’en tirer l’énergie pour aller plus loin, pour continuer chaque jour à faire simplement le mieux possible ce que j’ai à faire. Avec eux. Avec vous.

Alors, la prochaine dégustation, on la fait où ?

lundi 18 juin 2007

Inscrivez-vous vite !

Alors que Vinexpo bat son plein, je mets la dernière main à l’organisation de notre rencontre future. Souvenez-vous : 2 rendez vous pour 2 dégustations inédites, 6 vins dans une fourchette de prix maxi de 15€, que j’ai sélectionnés pour vous, et que je vous commenterai, en présence des propriétaires. Un panel de 6 appellations, avec comme seul parti pris celui du plaisir et de l’amour de la belle ouvrage. Des vins introuvables, ni médiatisés ni « notés », et qui s’arrachent à peine posés sur les rayons du supermarché, quand ils y ont accès.

2 dates :

Le lundi 25 juin à Arcachon, à la Suite 246, (246 bd de la côte d’Argent, Le Moulleau),
et

Le lundi 9 juillet à Bordeaux, à la Dame de Shanghai, (Bassin à Flot, Quai Armand Lalande)

Un horaire « happy hour » unique : de 19h à 21 h.

Venez découvrir en exclusivité mes trouvailles. Et vous pourrez commander à prix producteur celles qui vous auront vraiment fait plaisir.

Attention : c’est gratuit mais le nombre de places est limité.

Inscrivez-vous vite par mail en cliquant sur mon adresse e-mail ci-dessus, il reste encore quelques places !

lundi 11 juin 2007

Petite pub pour viticulteurs doués

On va dire que je suis une girouette. Après avoir affirmé que ce blog n’est pas commercial, me voila en train de faire de la réclame ! Que nenni. C’est une question de vie ou de mort.

Il y a des rencontres qui ne vous laissent pas indifférents : il y a trois ans, j’ai pris en conseil œnologique le Château LA ROCHE PRESSAC, en Côtes de Castillon. Le couple de propriétaires, des gens charmants et passionnés, s’est jeté à corps perdu dans leur nouveau métier, les pieds dans la boue et les mains dans le moût. Tout ce que j’aime. Ce travail de titans porte ses fruits, les vins sont splendides en 2004 et en 2005. Mais ils ne décollent pas commercialement, l’appellation est difficile à vendre et la période peu propice. Si vous aimez les très bons vins et que vous voulez épater vos amis avec une vraie trouvaille, n’hésitez pas à leur acheter quelques bouteilles, vous les aiderez dans leur travail qualitatif. Vraiment, ils le méritent !
Voici les prix et le nom des différentes cuvées :

Château Cadet La Roche 2004 ET 2005 8.8€ TTC la bouteille (deuxième vin légèrement boisé)

Château LA ROCHE PRESSAC 2004 ET 2005 15€ TTC la bouteille (superbe !!!!)

Château LA ROCHE PRESSAC 33350 SAINT MAGNE DE CASTILLON TEL/FAX 0557404824

jeudi 24 mai 2007

Prendre de la bouteille…

Premier anniversaire de ce blog… Au-delà de la fierté d’avoir tenu la distance, d’avoir des lecteurs de plus en plus nombreux (35 000 pages lues par mois, excusez du peu !), je suis surtout content d’avoir pu lancer le débat. Oh, bien évidemment, à un tout petit niveau. Celui des amateurs de vins, des « tchateurs », des esprits curieux. Mais je rencontre chaque jour des gens qui me disent « bien, ton truc sur Internet » ou « t’es gonflé quand même d’écrire des machins pareils ». Et puis il y a les pros du blog, comme Jean-Luc Thunevin, qui me citent, ou d’éminents wine makers qui réagissent à mes articles. Bref, du trafic, de l’énergie, des idées qui circulent. C’était l’objectif de ce blog, et c’est vous qui l’avez rendu possible.

Merci à vous tous pour votre contribution, en lisant régulièrement d’abord, en réagissant ensuite, ça m’a donné des idées, m’a permis d’ajuster mon tir. Encouragé par vos commentaires, et les voix off qui s’enthousiasment ou s’indignent, je vais continuer. Même si on n’a pas la reconnaissance de la presse, comme le soulignait Patrick G. Surtout si on n’a pas la reconnaissance de la presse ! Au risque de me répéter, vos réactions, votre fidélité ont été pour moi plus importantes que toutes les récompenses : je me sentais incongru avec mes idées bizarres dans ce métier. Votre soutien a prouvé qu’il y a une autre voie, d’autres voix, pour tenter de faire survivre notre spécificité culturelle en la modernisant, en l’adaptant au monde actuel. Et pas en se crispant sur notre passé. Merci à vous tous d’avoir permis ce souffle de liberté sur le bordelais !

Mais j’ai envie d’aller plus loin encore : de vous donner la parole. De vous faire goûter des vins, à vous, amateurs, amoureux, et surtout consommateurs. Dans ce blog, je vous ai asséné mes trouvailles, vous certifiant que c’étaient là de belles bouteilles. Et si vous en jugiez par vous-mêmes ? Le principe serait relativement simple : on goûte 6 vins, dans une fourchette de prix maxi de 15€. 6 bouteilles que je vous ai choisies pour leur qualité, issues d’un travail acharné et de l’amour de la belle ouvrage. Des vins introuvables, ni médiatisés ni « notés », et qui s’arrachent à peine posés sur les rayons du supermarché, quand ils y ont accès. Avec comme seul parti pris celui du plaisir. Et si vous les aimez, vous pourrez en acheter, à prix producteur. Et je suis sur que vous allez aimer !

Pari à prendre en 2 dates, et 2 villes au début de l’été: le 25 juin à Arcachon et le 9 juillet à Bordeaux. De 19h à 21h. Réservez vos places (nom, numéro de téléphone et nombre de personnes, date et ville choisie) en m’envoyant un mail. D’autres rendez-vous sont possibles à l’automne, faites-moi savoir les lieux les plus proches de chez vous (et jouez de vos réseaux !). Alors rendez-vous en chair et en os, autour d’une bonne bouteille, et libérons la parole !

vendredi 11 mai 2007

L’été, c’est demain !

Je me suis engagé auprès d’un lecteur exigeant à vous conseiller des vins que je n’avais pas faits. Il m’était en effet reproché d’inscrire dans mes trouvailles essentiellement des vins dont j’avais supervisé la conception. Je m’en suis expliqué avec ce lecteur, mais reprends ici les points principaux.

  1. RAS la bouteille n’est pas un site commercial : vous ne trouverez ni publicité, ni liens vers des sites de vente en ligne. Je veux rester libre de mes jugements, et de mes coups de cœur ou de gueule.
  2. Je sélectionne souvent dans mes trouvailles mes « bébés », pour deux raisons : la première est que, connaissant bien ce qu'il y a dans la bouteille, et pour cause, je peux les conseiller les yeux fermés. Deuxièmement, il s'agit toujours de petites propriétés peu ou pas médiatisés, donc méconnues, donc abordables, et qui font un travail sur la qualité remarquable.
  3. Je suis très exigeant, voire pointilleux, sur la qualité bien sur, mais aussi sur le prix d’une bouteille. Or dans les dégustations auxquelles je participe, soit les vins sont très moyens qualitativement (à mon goût), soit ils sont à des tarifs que je trouve insultants. Ce qui explique que les élus soient rares !

Toutefois, voici mes trouvailles du printemps, et je ne suis pour rien dans leurs belles qualités !

Les vins rosés, très consommés au printemps et en été, sont rarement bordelais. Ces derniers (et j’inclus le Clairet qui un temps fut très en vogue) sont souvent lourds et manquent parfois de finesse, du moins ceux que l’on trouve généralement dans la restauration. Les rosés du Sud et particulièrement ceux de la presqu’île de Saint TROPEZ sont en train de se tailler la part belle dans la restauration et les cavistes haut de gamme, ce qui est totalement justifié : quelle application dans le respect du fruit et de la finesse des arômes !

  • Les prix ne sont pas forcément très abordables mais essayez à l’occasion la « cuvée M » du château SAINT MARGUERITE en rosé (Tél. 04 94 00 44 44 ). La palette aromatique passe par les confiseries de notre enfance, les fruits frais, et j’en passe, du pur bonheur ! Comme quoi, quand on s’applique à faire son vin, même en rosé, on obtient des nectars sublimes, car un vin rosé peut être grand et procurer un plaisir immense.
  • En rouge, à Bordeaux, je vous ai dégoté une petite perle, à acheter et à encaver 5 à 7 ans. Il s’agit du Vieux Château Palon 2005- AOC Montagne Saint Emilion. Une merveille vinifiée par un vigneron passionné, Grégory Naulet Tel : 05 57 24 64 62 - Fax : 05 57 51 23 79 -Prix : 14 € . Un bon exemple de vin investissement intelligent sur ce millésime surcoté et qui vous permet d’avoir un bon 2005 pour un prix normal. Et croyez moi ce vin est grand !!!

vendredi 26 janvier 2007

SPECIAL GRANDS FROIDS

Bloqué par la neige et le froid, Bordeaux fonctionne au ralenti. Les sujets de grogne sont intensifiés par cette subite paralysie. Mais j’avais parlé de plaisir dans les prémisses de ce blog, et depuis quelques temps, je m’emporte, je vocifère, je rouspète. Bien, et alors Toutoundji ? Ça apporte quoi ? Une goutte d’indignation dans un océan d’indifférence. Vous proposez quoi ? me demandait avec impertinence un lecteur. De ne pas perdre de vue l’essentiel : la vie est faite de petits bonheurs mis bout à bout, et se délecter d’un vin doux au gosier en est un.

Voici deux vins à boire au coin du feu avec quelques amis :

- Château de BEL- Bordeaux Supérieur 2005. Un vin moderne, bien fait, avec une belle présentation qui séduit par sa fraîcheur, sa couleur et son style. Parfait sur du gibier ou un bourguignon, classique sur un beau plateau de fromages, gourmand sur un moelleux au chocolat.

Vignobles Olivier CAZENAVE 33500 ARVEYRES
Tel 05 57 25 70 54 Fax 05 57 51 97 11

- Château Laborde 2004 cuvée 1664 Lalande de Pomerol
L’appellation Lalande de Pomerol est à découvrir, elle bénéficie des mêmes terroirs et du même encépagement que Pomerol pour un prix plus intéressant. Il y a des petites merveilles qui dorment, dont celle-ci! Une couleur rouge sombre aux reflets cerise, un nez de petits fruits rouges écrasés sublimés par un boisé discret et sobre. La bouche est grasse et pleine avec des tannins équilibrés et fondus, ce vin est racé et suave et vous plaira dès maintenant. Il se bonifiera dans les deux à trois ans à venir, une découverte à faire partager à vos amis ! Sublime sur une bonne vieille côte de bœuf à la cheminée, élégant d’harmonie sur les viandes blanches, à tenter sur un ris de veau ou des saint jacques juste poêlées.

Prix 12 €
Vignobles JM TROCARD
Tel 05 57 74 30 52 Fax 05 57 74 39 96

vendredi 05 janvier 2007

RENCONTRE DU TROISIEME TYPE…

Dans la clientèle d’un laboratoire œnologique privé, on rencontre des gens d’une diversité incroyable, des grands propriétaires à la tête de crus prestigieux depuis des générations (il y en a de moins en moins, les droits de succession y sont pour quelque chose !), des sociétés internationales et compagnies d’assurance représentées par des directeurs bardés de diplômes et avec qui il est plutôt agréable de travailler car les moyens sont là et permettent de bien progresser. Vous avez ensuite les propriétaires de vignes qui font leur métier tranquillement sans se poser de questions sur le pourquoi du comment, et qui vivent leur profession sans passion comme un métier normal ! Et puis il y a Pierre, surgi de je ne sais où et qui a atterri à Saint Emilion il y a maintenant cinq ans, endetté jusqu'aux yeux mais heureuse conséquence, avec 2 hectares de vignes magnifiquement placées. Il questionne, cherche, se remet en question et depuis 2005 fait un très bon vin. L’intérêt de notre métier réside dans ces rencontres avec des êtres atypiques qui vous enrichissent par leur enthousiasme et leur passion, leur volonté de réussir en 10 ans ce que d’autres ont réussi en 50 ans … ou jamais ! Les dégustations avec lui sont passionnantes et il mérite vraiment d’exploser et de vendre ses vins comme il faut. Si les journalistes cherchaient et fouillaient le terroir et les propriétaires, ils auraient déjà dû en parler cette année…

Le château s’appelle LAFON LA TUILERIE AOC Saint Emilion Grand Cru TEL 0689332020 - Fax 0556764978

Pour le prix, voyez directement avec lui. Son nom : Pierre LAFON , lui parler c’est déjà du bonheur.

lundi 13 novembre 2006

Je reprends du palais !

Je vous avais promis de vous aider à vous y retrouver dans le grand maquis de l’offre des vins français et d’ailleurs. Ça n’était pas une promesse de gascon, mais d’abord j’avais plein de chose à raconter, et ensuite j’ai été aspiré par la tourmente des vendanges. Je vais donc reprendre mes sélections, en mettant les gorgées doubles ! Cette fois, j’ai sélectionné un AOC Côtes de Castillon 2004, le château CADET. Une belle robe sombre aux reflets brillants, un nez où le boisé discret se fond avec d'élégantes notes de fruits mûrs, de tabac et de moka. En bouche, la fraîcheur aromatique domine et impressionne pour un millésime qui n'est pas réputé pour cela. Les tannins sont harmonieux et déjà fondus, un équilibre superbe avec une bouche pleine et charnue. Un superbe vin digne des très grands voisins de Saint Emilion, d'un style moderne et racé, à déguster aussi bien en apéritif qu’au cours d’un repas de cuisine «bourgeoise », lapin à la moutarde ou blanquette de veau, ou sur une viande rouge. Vous pouvez l'apprécier dès aujourd'hui, et dans les deux à trois années à venir

Château CADET 2004

SCEA CADET 33350 SAINT GENES DE CASTILLON Tel 05 57 47 95 15

Propriétaire: Mr Philippe VIAS, 11€

lundi 28 août 2006

Sauvons les souris !

Les huîtres du Bassin d’Arcachon sont à nouveau interdites à la vente, parce que la souris est morte. Deux mots d’explication : depuis quelque temps, une algue toxique (mais pas mortelle) sévit dans les eaux du Bassin et infecterait les coquillages. Un test a été rendu obligatoire par les gratte-papier de Bruxelles, qui consiste en l’injection à des souris de l’équivalent de la consommation de 80 douzaines d’huîtres. Si au bout de 48 heures les malheureuses succombent, les huîtres sont réputées infectés, et dont retirées de la vente.

Sans vouloir polémiquer outre mesure, je constate que puis le début de l’été, plusieurs souris ont ainsi été sacrifiées à l’autel du sacro-saint principe de précaution, et toute une profession avec. Juste quelques réflexions de profane : 1- Je défie quiconque de survivre à l’ingestion de 80 douzaine d’huîtres. 2 - L’algue toxique déclenche chez certains, et à forte dose, une banale gastro, maladie surtout dangereuse pour les nourrissons… 3 – Avant de mettre à mal une profession à l’équilibre précaire, nos gratte-papier feraient bien de réfléchir aux dramatiques conséquences économiques d’une interdiction de vente pendant la saison estivale.

Je suis bien évidemment tenté de me sentir solidaire avec les ostréiculteurs : les analogies avec la viticulture sont nombreuses, en pénibilité du travail comme en incertitudes quant au résultat. Dame nature a toujours le dernier mot ! Et j’aimerais bien que nos hommes politiques viennent visiter les parcs à huîtres sans journalistes, aux petites lueurs de l’aube, au mois de décembre par exemple. Pour avoir une idée du travail de ces paysans de la mer ! Ce samedi, une dégustation géante était organisée au Cap Ferret, pour démonter la grande qualité des huîtres du Bassin. Coup médiatique du toujours bouillant Marc Druart, président des ostréiculteurs. J’en ai modestement mangé, moins que la souris, et vais bien, merci. Je nous ai d’ailleurs trouvé un sauvignon magnifique pour aller avec !

Domaine GIBAULT Touraine blanc 2005 cuvée platine. Un blanc minéral à un prix imbattable, pour les huîtres bien sûr, mais à essayer à l’apéritif avec des poivrons del piquillo, ou sur un chèvre sec. 41140 NOYERS SUR CHER- Tel : 02 54 75 36 52 - Fax : 02 54 75 29 79

mardi 13 juin 2006

Lundi 12 juin 2006 : On boit quoi cet été ?

Le mois de juin est traditionnellement celui des fêtes de familles, communions ou baptêmes, et puis viennent les vacances, en famille ou entre amis, autant d’occasions de faire de grandes tablées conviviales. Oui, mais on y boit quoi ? Dommage de sortir de leur écrin les grandes bouteilles qui mûrissent lentement. On ne va pas non plus servir du tout venant. Alors ? Alors je vous ai déniché deux « trouvailles » !

 * DAYLISS 2005 Château Roc de Calon- AOC Montagne Saint- Emilion - 5.20€ TTC la bouteille : un vin fruité, souple, vinifié avec de nouvelles techniques. Un goût simple, agréable, un vin qui se boit avec gourmandise, et modération bien sûr ! Le nouveau style, pour un prix plus qu’abordable! Et, c’est moi qui l’ai fait !

Contact : Bernard LAYDIS TEL 0557746399 FAX 0557745147

 * Château Tournefeuille 2004 - AOC Lalande de Pomerol - 20€ TTC la bouteille : un grand vin magnifique digne des plus grands pomerols, mais deux fois moins cher !!! Une bouteille qui flattera les grillades les plus simples comme les plats les plus sophistiqués. Et ce n’est pas moi qui l’ai fait !

Contact : TEL 05 57 51 18 61 FAX 05 57 51 00 04